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Éditeur au développement du thème : Susan Rvachew, Ph.D., Université McGill, Canada
Bien que la nature de l’activité intellectuelle sur laquelle repose l’apprentissage du langage donne toujours lieu à de vastes débats, l’influence de facteurs déterminants sur la trajectoire du développement du langage est très largement acceptée. Ces facteurs appartiennent à cinq domaines au moins : social, perceptif, cognitif, conceptuel et linguistique. De plus, bien qu’il existe des différences individuelles entre les enfants, le développement du langage s’effectue selon des séquences prévisibles. La majorité des enfants commencent à parler pendant leur deuxième année et, à vingt-et-un mois, connaissent vraisemblablement au moins cent mots et les associent pour former de courtes phrases. Entre 4 et 6 ans, la plupart des enfants formulent des phrases intelligibles, complètes et correctes sur le plan grammatical. Leurs premières phrases comportent des noms mais, généralement, pas de mots ayant une fonction grammaticale (p. ex., les articles et les prépositions) ni de terminaisons (p. ex., les marques du pluriel ou des temps de verbe). Même si le développement du langage suit une séquence prévisible, la vitesse à laquelle il s’acquiert varie beaucoup d’un enfant à l’autre, ce qui s’explique principalement par l’interaction complexe entre les facteurs génétiques et environnementaux.
La quantité et le type de stimulation du langage à la maison ainsi que les stress familiaux, comme les mauvais traitements à l’égard des enfants, rejaillissent sur le développement du langage chez les enfants. La qualité de l’interaction entre un donneur de soins et un enfant — par exemple en jouant avec les mots ou en lisant des livres — joue également un rôle important dans l’alphabétisation. Les habiletés des enfants progressent plus vite et plus facilement dans des interactions éducatives caractérisées par des entrants sensibles, réceptifs et non contrôlants de la part de l’adulte. D’autres aspects des conduites parentales, comme le fait de participer souvent et régulièrement à des activités d’apprentissage et d’offrir à l’enfant du matériel d’apprentissage diversifié et adapté à son âge, favorisent sa production et sa compréhension langagières. En outre, les parents qui ont davantage de ressources (p. ex., scolarisation ou revenu) sont davantage en mesure d’offrir à leur jeune enfant des expériences d’apprentissage positives. Il semble toutefois que les caractéristiques de l’enfant (p. ex., le rang de naissance) jouent aussi un rôle important dans la qualité de ses expériences d’apprentissage. Ainsi, l’aîné de la famille possède, en moyenne, un vocabulaire plus riche que ses frères et sœurs.
Les enfants qui ont un vocabulaire restreint (moins de 40 à 50 mots) et ne font pas de combinaison de mots à l’âge de 24 mois sont considérés comme ayant un retard du langage expressif Ces enfants courent un plus grand risque d’avoir des troubles du langage qui persistent jusqu’à la fin du préscolaire et même pendant le primaire. De plus, les enfants qui accusent un retard en matière d’acquisition du langage sont aussi plus susceptibles que les autres d’avoir, plus tard, des difficultés d’ordre scolaire ou social et des troubles d’apprentissage, d’anxiété ou de comportement. Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est le problème comportemental le plus fréquent; des études ont également démontré chez ces derniers des taux supérieurs de problèmes d’internalisation comme la timidité et l’anxiété. Les enfants présentant des troubles de la parole sont plus susceptibles de connaître des difficultés de traitement phonologique, d’apprentissage phonologique et d’alphabétisation.
La conscience phonologique fait référence à la capacité à identifier, comparer et manipuler les plus petites unités des mots parlés — les phonèmes. Au cours de la première année de vie, les enfants concentrent leur attention sur les phonèmes de leur langue maternelle et se montrent moins sensibles aux différences acoustiques qui ne lui sont pas propres. Vers sept mois et demi, une activité cérébrale accrue à l’écoute de contrastes dans la langue maternelle permet de prédire les habiletés langagières futures des enfants. La conscience phonologique et le vocabulaire sont, respectivement, les meilleurs prédicteurs de la lecture et de la compréhension de la lecture. Les compétences d’écoute et de parole de certains enfants sont suffisantes, mais leurs performances en traitement phonologique sont faibles. À l’entrée à l’école, ces enfants seront peut-être considérés à risque de troubles de lecture. Les enfants pauvres et qui appartiennent à des minorités ethniques ou raciales sont nettement surreprésentés parmi les enfants qui éprouvent des difficultés à lire.
Enfin, le développement du langage chez les enfants bilingues et l’âge où ils commencent à combiner les mots sont comparables à ceux des enfants qui ne parlent qu’une seule langue.
* Ce thème a été développé en 2004 en collaboration avec le Réseau canadien de recherche sur le langage et l’alphabétisation (CLLRNet).
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