Numératie


Que savons-nous?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 6 juin 2011

Éditeur au développement du thème : Jeff Bisanz, Ph.D., University of Alberta, Canada

Les connaissances de base en mathématiques s’acquièrent alors que l’enfant est au stade de nourrisson. À six mois, les nourrissons sont capables de comprendre la différence entre de petits ensembles d’éléments de quantités différentes (entre les ensembles de deux et ceux de trois éléments) et peuvent même faire la distinction entre de plus grands nombres, à condition que le ratio entre les deux ensembles soit assez grand (p. ex., entre 16 et 32, mais pas entre 8 et 12). Ces représentations préverbales s’améliorent avec le temps et, quoiqu’insuffisantes, elles constituent le fondement de leur futur apprentissage des mathématiques.

L’acquisition de la maîtrise des procédés constitue l’une des réalisations en numératie. La maîtrise des procédés fait référence à la connaissance nécessaire pour générer des sommes et des différences au moment opportun en faisant preuve de polyvalence et de précision. Les très jeunes enfants acquièrent progressivement les compétences nécessaires pour maîtriser les procédés et commencent souvent par les nombres intuitifs (p. ex., savoir ce que représentent les chiffres un, deux et trois), puis sont ensuite capables de se rendre compte par exemple que tous les ensembles de trois éléments ont plus de constituants que les ensembles de deux éléments.

À mesure qu’ils grandissent, les enfants acquièrent une meilleure connaissance des nombres. À trois ans, ils commencent à être capables d’accomplir des tâches non verbales axées sur des objets, comme comprendre le processus d’addition et de soustraction et considérer un ensemble comme ayant un plus grand nombre d’éléments qu’un autre. Bien que les enfants d’âge préscolaire puissent associer des ensembles de deux, de trois et de quatre éléments si les objets sont de taille ou de forme semblables, ils ont encore de la difficulté lorsque les objets sont très différents (p. ex., apparier deux figurines d’animaux et deux points noirs). Les enfants d’âge préscolaire risquent aussi de facilement se laisser distraire par les caractéristiques superficielles d’un ensemble (p. ex., considérer qu’un ensemble contient plus d’éléments qu’un autre de même nombre, car ils sont disposés de façon à former une ligne plus longue). Des recherches sont actuellement en cours pour déterminer comment les connaissances des quantités chez les nourrissons sont liées à la numératie chez l’enfant d’âge préscolaire et à la réussite scolaire subséquente.

Bien que la plupart des enfants soient naturellement capables de découvrir des concepts mathématiques, les expériences culturelles et l’environnement jouent un rôle dans le développement de leurs connaissances des nombres. Par exemple, l'acquisition du langage permet à l’enfant de résoudre des problèmes exprimés verbalement et de développer sa perception des nombres (p. ex., compréhension des nombres cardinaux, le nombre total d’éléments dans un ensemble). Les enfants qui n’ont pas eu assez d'expériences précoces liées aux nombres ont tendance à être en retard sur leurs pairs. Par exemple, les enfants venant de familles à faible revenu tendent à avoir peu de compétences en numératie à un jeune âge et ces faiblesses se traduisent ensuite par des difficultés en mathématiques à l’école. La performance en matière de problèmes numériques et les types de stratégies cognitives utilisées par les enfants sont susceptibles de changer considérablement d’un enfant à l’autre. Même la gamme de réponses d’un enfant peut varier de façon importante d’un essai à l’autre.

Il est important de promouvoir le développement des compétences en numératie chez les jeunes enfants, car elles sont liées à la préparation des enfants à l’égard des mathématiques au moment de leur entrée à l’école et plus tard. Les enfants d’âge préscolaire qui savent compter, qui sont capables de nommer des nombres et de faire la distinction entre différentes quantités ont tendance à avoir de la facilité à effectuer des tâches numériques à la maternelle. En outre, les bonnes habiletés numériques des enfants constituent des prédicteurs de la future réussite scolaire, encore plus que les compétences en lecture, les capacités d’attention et les habiletés socio-affectives.

 

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