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LES TECHNIQUES D’IMAGERIE
Depuis l’avènement des techniques d’imagerie qui nous permettent d’obtenir des images structurelles du cerveau (imagerie par résonance magnétique [IRM]), de mesurer l’activité cérébrale (IRM fonctionnelle [IRMf]) sur des sujets vivants et plus récemment de détecter des modifications de la microstructure de la matière blanche (imagerie par tenseur de diffusion [ITD]), de nombreuses études ont été menées pour explorer les changements anatomiques du cerveau et essayer de les relier aux changements du comportement. Comme ces techniques ne sont pas invasives, il est possible de les utiliser pour étudier le développement du cerveau ainsi que les effets de l’expérience sur cet organe.
LE DÉVELOPPEMENT
Une étude récente menée sur de jeunes enfants a montré que le volume total du cerveau augmente de 101 % au cours de la première année, puis de 15 % pendant la deuxième année. La croissance importante observée au cours de la première année a été attribuée à la matière grise (149 %) et dans une moindre mesure, à la matière blanche (11 %). Le volume du cervelet augmente de 240 % pendant la première année, tandis que les hémisphères cérébraux augmentent de 90 %. De l’âge de 3 ans à l’âge de 30 ans, le volume de la matière blanche augmente alors que celui de la matière grise augmente puis diminue, culminant à un moment caractéristique et particulier à chaque zone du cerveau au cours de l’enfance et de l’adolescence. Simultanément, les connexions des zones du cerveau entre elles augmentent à la fois structurellement et fonctionnellement et l’équilibre entre les fonctions limbiques/sous-corticales et celles du lobe frontal se modifie jusqu’à ce que l’enfant soit devenu un jeune adulte. Par ailleurs, des études menées au moyen de l'imagerie génomique indiquent que les gènes influent sur la morphologie du cerveau. Un certain nombre d’études menées auprès de jumeaux adultes, enfants et adolescents ont rapporté la forte héritabilité de volumes régionaux de substance grise.
LE STRESS TOXIQUE PRÉCOCE
Le stress toxique précoce peut également influer sur le volume du cerveau. Les recherches effectuées sur des animaux révèlent que l’amygdale, le cortex préfrontal et l'hippocampe subissent une réorganisation structurelle causée par le stress, qui modifie les réponses comportementales et les réactions physiologiques telles que l’anxiété, l’agression, la flexibilité mentale, la mémoire et d’autres processus cognitifs. Des recherches effectuées chez des sujets humains laissent de plus en plus à penser que le stress précoce excessif ou prolongé (par ex., traumatismes, mauvais traitements, négligence) peut altérer le volume du cerveau. Toutefois, d’après de nombreux travaux scientifiques, favoriser des relations empreintes de réconfort et d’attention dès le plus jeune âge peut prévenir ou annuler les effets dommageables du stress toxique.
L’ATTENTION
L’enregistrement de l’activité électrique du cerveau est une méthode plus ancienne que les techniques d’imagerie; il permet cependant aux chercheurs d’obtenir des potentiels évoqués (PE) qui sont des potentiels électriques produits dans le cerveau en réponse à des stimuli particuliers. Les études sur les PE liés à l’attention chez les nourrissons révèlent une composante négative sur les régions centrales (appelée Nc) dont l’amplitude augmente lorsque le rythme cardiaque indique l'attention.
LA VISION
Au cours des premiers mois de la vie, le système visuel se développe encore. La vision des nouveau-nés est principalement contrôlée au niveau sous-cortical, et le cortex commence sa maturation environ deux mois après la naissance. Comme les composantes de ses yeux sont immatures, le nourrisson est modérément hypermétrope. L’attention visuelle et la recherche visuelle commencent à l’âge de trois mois; le nourrisson commence à associer les stimuli visuels à un événement (p. ex., le biberon et l’alimentation). Des résultats obtenus en utilisant des variantes d’une tâche d’orientation visuelle simple connue sous l’appellation de « gap task » indiquent que l'opération de désengagement devient efficace entre les âges de trois et quatre mois. Avant l’âge de quatre mois, les nourrissons parviennent à focaliser leur attention de façon sélective, mais une fois que leur attention est engagée sur un stimulus particulier, ils ont de la difficulté à la désengager et à la déplacer ailleurs. Ils ont plutôt tendance à fixer longtemps le stimulus.
L’AUDITION
Le cortex auditif révèle une trajectoire développementale très longue, les réponses à de simples sons ne devenant complètement matures que vers l'âge de 18 ans. En même temps, il est possible de mesurer chez les très jeunes nourrissons (2 mois) les réponses du cerveau à des changements occasionnels survenant dans la répétition d'un stimulus auditif.
LA MÉMOIRE
Des changements considérables dans les zones du cerveau impliquées dans la mémoire surviennent au cours des deux premières années de la vie. Pour évaluer la mémoire déclarative (« le fait de se remémorer explicitement ») chez les enfants d’âge préverbal, les chercheurs ont utilisé l’imitation déclenchée (on montre aux nourrissons une action [p.ex., faire sonner une cloche] et on leur donne l’occasion d’imiter l’action montrée). Les améliorations de la mémoire avec l’âge concordent avec le développement du cerveau.
Voir aussi...
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