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Une fois que le bébé est né sans avoir connu de problème pendant la grossesse ou à sa naissance, l’interaction entre l’influence des gènes et celle de l’expérience structure le développement du cerveau. L’architecture du cerveau se formera convenablement si les parents et les autres personnes qui s’occupent du jeune enfant répondent attentivement aux interactions que recherche naturellement l’enfant. Les soins prodigués dans les premières années du développement de l’enfant favorisent la santé physique et mentale ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie. Non seulement des soins d’adultes réconfortants, attentifs et sensibles sont nécessaires au développement optimal du cerveau de l’enfant, ils protègent aussi le cerveau en cours de développement des effets potentiellement nuisibles des stresseurs. Par ailleurs, si le cerveau d’un nourrisson a déjà connu le stress toxique, des travaux scientifiques empiriques montrent que le fait de favoriser des relations empreintes de réconfort et d’attention dès le plus jeune âge peut prévenir ou annuler les effets dommageables du stress toxique.
DÉVELOPPEMENT
Les travaux de recherche sur l’impact qu’a l’expérience sur la maturation du cerveau au cours du développement et vice versa sont encore rares. La neurobiology des adolescents a également été insuffisamment étudiée. Par conséquent, il n’est pas encore possible de comprendre l’entière complexité de cette question. L’hypothèse selon laquelle les modifications de la structure du cerveau au cours du développement seraient des conditions préalables à une capacité cognitive particulière pourrait ne pas être adaptée, car le rôle de l’expérience dans le façonnage du cerveau pourrait être plus important que prévu. Les données d’images s’ajoutent aux informations génétiques, observations comportementales, antécédents familiaux, analyses de sang, etc. Cette abondance de données dépasse ce que les chercheurs sont actuellement en mesure de comprendre, et de nouvelles méthodologies bio-informatiques et statistiques sont nécessaires pour mieux saisir les renseignements les plus pertinents pour les soins aux patients.
STRESS TOXIQUE PRÉCOCE
Davantage d’études doivent être consacrées au stress toxique précoce afin d’élucider les effets du stress vécu pendant l’enfance sur les structures et les processus spécifiques du cerveau. Les chercheurs de ce domaine ne comprennent pas adéquatement les variations génétiques chez les enfants qui modèrent la réactivité, la régulation et les répercussions des réactions au stress. Les travaux futurs devraient analyser les répercussions différentes de divers types de traumatismes à des étapes distinctes du développement afin que soient cernées les sources de la variabilité des résultats. Par ailleurs, la recherche sur le système neuroendocrinien impliqué dans les réactions au stress, c’est-à-dire l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (axe HHS) (ou axe de l’hormone du stress) est en plein essor grâce à l’utilisation des mesures du cortisol dans la salive (une mesure non invasive des effets du stress chronique).
ATTENTION
Afin de déterminer les zones du cerveau qui sont les causes probables des potentiels évoqués mesurés sur le cuir chevelu, les chercheurs utilisent les analyses de dipôle de courant équivalent (DCE), qui fournissent une mesure plus directe de l’activité cérébrale du nourrisson impliquée dans l’attention. Cependant, les paramètres utilisés dans les analyses DCE sont basés sur l’anatomie adulte (p. ex. l’épaisseur du crâne et du cuir chevelu). Comme le crâne du nourrisson est plus mince que celui des adultes, et les fontanelles, ainsi que les sutures crâniennes, ne sont pas totalement fusionnées, il devrait être possible d’améliorer ces analyses.
Les problèmes de désengagement visuel, qui s’expriment souvent chez les nourrissons par une fixation visuelle prolongée ainsi que des niveaux élevés d’angoisse, inquiètent les parents et exigent d'eux beaucoup d'énergie. Ils devraient être détectés tôt et considérés comme des signes qui justifient d’orienter ces nourrissons afin qu'ils reçoivent des soins.
VISION
L’expérience visuelle est essentielle pour que la vision de l'enfant se développe normalement—comme dans une situation « utilisez-le ou perdez-le »; et que le traitement des maladies de l’œil, communes chez l'enfant, devrait commencer bien plus tôt que ne le préconise la pratique habituelle.
AUDITION
La réponse du cerveau à une stimulation sonore (le potentiel évoqué auditif [PEA]) pourrait être utilisée chez les nourrissons comme indicateur pour le diagnostic des anomalies précoces du développement auditif central; les PEA constituent une méthode de choix pour étudier le développement auditif précoce et la maturation du cortex auditif. L’apprentissage passif, qui consiste par exemple à apprendre à partir de cassettes ou de jouets qui parlent, est une des méthodes proposées pour remédier très tôt aux problèmes de perception de la parole et de l’acquisition du langage.
MÉMOIRE
Les connaissances actuelles sur la mémoire et le développement du cerveau chez les nourrissons ne sont pas complètes, elles nécessiteront d’autres études menées chez l’être humain, car pour le moment, beaucoup d’informations proviennent des modèles animaux (des rongeurs et des primates non humains).
En augmentant notre compréhension des relations entre le cerveau et le comportement, nous serons en mesure de mettre au point des interventions pour aider les nourrissons et les enfants des groupes à risque (c’est-à-dire, les nourrissons nés de mères qui ont des problèmes de contrôle glycémique pendant la grossesse, les nourrissons adoptés dans les orphelinats internationaux et les nourrissons prématurés en bonne santé).
Voir aussi...
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