Pour évaluer complètement l’efficacité et l’efficience des visites à domicile, il est important de recueillir suffisamment de renseignements sur les participants afin d’analyser les répercussions du programme sur divers types de sous-groupes. L’évaluation devrait aussi mesurer les multiples effets sur l'enfant et la famille à différentes périodes.
De plus, on a encore besoin de déterminer les composantes des programmes de visites à domicile qui sont essentielles et celles qui produisent le plus grand impact à long terme. Les données probantes indiquent que les programmes multidimensionnels de visites à domicile – ceux qui abordent la trajectoire de vie de la mère, la vie de famille, les soins à l'enfant et le développement global de ce dernier – ont des répercussions longtemps après la fin du programme.
La mise en œuvre des programmes de visites à domicile présente sa propre série de difficultés. Les familles n’acceptent pas toujours de s’inscrire au programme ou elles l’abandonnent avant la fin et ne bénéficient donc pas du nombre total de visites prévues. Les recherches récentes indiquent que l’intégration des programmes de visites à domicile dans un système diversifié et élargi augmente considérablement les taux de participation. Quand les services intensifs de visites à domicile sont offerts en partenariat avec un groupe ou un programme de services communautaires, la proportion de nouveaux parents qui utilisent les services de prévention peut augmenter de façon spectaculaire. Comme pour tout service financé par des fonds publics, le coût est un aspect important de ces programmes. Même si le niveau professionnel de services offerts varie énormément d’un programme de visites à domicile à l’autre, le coût du programme en soi varie peu. Cependant, le ratio coût-avantage diffère d’un programme à l’autre en fonction de la durée de l’impact. Les programmes qui ont un impact tout au long de la vie ont un ratio coût-avantage plus élevé que ceux qui ont un impact limité et à court terme.
Il ne faut pas minimiser le coût social des importants problèmes de société. La violence envers les enfants coûte environ 15 milliards de dollars par an au Canada. Considérés sous cet angle, les investissements publics actuels dans les programmes de visites à domicile et les autres programmes de développement des jeunes enfants (DJE) sont relativement mineurs.
Lorsqu’on parle de développement de politiques, on constate un déséquilibre entre l’offre et la demande. Il n’y aura jamais assez d’intervenants disponibles pour offrir à chaque famille en difficulté des programmes de visites à domicile individualisés. Les programmes ciblés ne peuvent atteindre toutes les familles à risque de maltraitance envers l'enfant. Ce constat souligne la nécessité de réduire la taille de la population qui a besoin de services cliniques individuels en instaurant des programmes efficaces universels et ciblés qui atteignent des groupes de familles plus importants à l’échelle de la population.
L’opinion est de plus en plus répandue que le Canada a besoin d’un système complet de DJE. Il est nécessaire d’évaluer les politiques publiques à l’échelle du système, et de considérer l’efficacité des programmes de visites à domicile dans le contexte plus large des autres programmes de DJE. On reconnaît aussi la nécessité d’établir un réseau national de ressources pour soutenir l’évaluation longitudinale rigoureuse des investissements en DJE.
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