Dyscalculie
Dans les premières années scolaires, les combinaisons de nombres et les problèmes sous forme d'énoncés sont les deux dimensions clés pour construire une base solide. Les combinaisons de nombres sont des problèmes d'addition et de soustraction avec des opérandes à un chiffre (p. ex. 2+3=5). Au fur et à mesure que l’apprenant devient compétent en matière de stratégies de calcul, ces paires et ces associations s’établissent dans la mémoire à long terme. Les problèmes sous forme d’énoncés sont des questions présentées sous forme linguistique qui demandent de trier l’information et d’ajouter ou de soustraire des nombres à un ou deux chiffres.
Pour améliorer les compétences relatives aux combinaisons de nombres, il existe deux démarches d’intervention : l’instruction conceptuelle, où l’enseignant structure les expériences pour favoriser les connaissances interreliées sur les quantités et explique la matière de façon à amener les étudiants à bien la comprendre; et faire des exercices pratiques, moyen par lequel les associations répétées de problèmes de référence et de réponses exactes permettent d'établir des représentations dans la mémoire à long terme. Les dernières recherches révèlent qu'une combinaison de ces démarches entraîne de meilleurs résultats.
Pour augmenter les habiletés à traiter les problèmes sous forme d’énoncé, il existe deux autres approches : l'instruction métacognitive dans laquelle les enseignants aident les étudiants à appliquer des stratégies de planification et d’organisation, et l'instruction basée sur des schémas grâce à laquelle les étudiants commencent par maîtriser les règles de résolution des types de problèmes et développent ensuite des schémas de regroupement des problèmes par types qui demandent des stratégies de résolution similaires.
Il reste beaucoup à faire en termes de recherche fondamentale, d'évaluation et de mesure de rattrapage concernant les déficiences en mathématiques. Il faudrait un examen diagnostic standardisé pour obtenir une information plus précise sur des aspects comme les connaissances en calcul et les procédures de résolution de problèmes mathématiques chez les élèves souffrant de dyscalculie qui fréquentent l’école élémentaire. On aurait aussi besoin de mesures pour identifier les enfants d’âge préscolaire à risque. De plus, il faudrait faire davantage de recherches sur les habiletés de base en calcul et en arithmétique chez les enfants d’âge préscolaire, puisque ces habiletés ont un rapport avec les risques ultérieurs de dyscalculie, sur la génétique de la dyscalculie et les systèmes neurologiques qui peuvent entrer en ligne de compte, ainsi que sur la co-occurrence des problèmes de lecture et de mathématiques.
Enfin, il faut traiter l’anxiété et l’évitement des mathématiques qui peuvent découler des déficits cognitifs. Si l'on ne prête pas attention à la frustration et à l'anxiété, on court le risque d'exacerber les problèmes à long terme en mathématiques.
Dyslexie
Les études sur l'imagerie numérique du cerveau ont révélé des différences de structures d'activation entre les bons et les mauvais lecteurs. Cependant, lorsqu'on enseigne aux mauvais lecteurs en utilisant des méthodes basées sur des données probantes, le système neuronal se réorganise pour ressembler aux structures d'activation du cerveau observées chez les enfants qui sont de bons lecteurs. Cette étude démontre que l'enseignement fait une réelle différence.
En 2000, le National Reading Panel (Comité national sur la lecture), nommé par le Congrès américain, a indiqué que pour apprendre à lire aux enfants, il faut leur enseigner cinq éléments propres à la lecture : la conscience phonémique; la phonologie; l'aisance; le vocabulaire et la compréhension de la lecture. La conscience phonémique est la capacité de remarquer et de discerner les sons individuels des mots parlés (p. ex., le mot parlé « batte » a trois phonèmes (« bbb » - « aaaa » - « t »). La phonologie est la capacité de relier des lettres à des sons individuels. Le fait de savoir que ces deux composantes sont des éléments clés du développement d’une base en lecture signifie que ces habiletés et cette prise de conscience peuvent être enseignées aux jeunes enfants, même avant qu’ils soient en âge de lire.
Dès l’âge de trois ans, les jeux de rimes simples aident les enfants à commencer à réaliser que les mots parlés sont détachés. Par exemple, pour savoir que « batte », « chatte » et « patte » riment, l’enfant doit être capable de se concentrer uniquement sur une partie du mot (la rime, « atte » dans cette série de mots). Progressivement, les enfants en viennent à séparer les mots, à les mélanger et à déplacer les parties au sein du mot. Des activités simples comme taper des mains en fonction du nombre de sons (syllabes) dans un mot parlé aident les enfants à apprendre à séparer les mots.
Le temps passé à enseigner et à renforcer le processus central de la lecture constitue probablement la meilleure façon de stimuler les habiletés de lecture. Toute activité qui contribue au développement des habiletés langagières est opportune, mais à partir de l’âge de cinq ans, on devrait mettre en place des exercices plus systématiques (réalisés dans le contexte du jeu) qui durent au moins de cinq à 20 minutes par jour. La procédure préventive la plus appropriée est basée sur un principe de consistance qui favorise les rapports dominants les plus fréquents entre les lettres et les sons.
Les enfants à risque devraient être dépistés et recevoir de l’aide le plus tôt possible. On devrait évaluer le développement du langage dès l’âge de deux ans, surtout chez les enfants ayant des antécédents familiaux de dyslexie. Si aucun retard n’est observé, la prochaine étape d’identification du risque potentiel a lieu à l’âge de quatre ans, quand l’acquisition spontanée de la connaissance des lettres fournit de bonnes preuves du besoin éventuel de prévention.
En définitive, le développement de la littératie chez les jeunes enfants suppose un processus linguistique et de pensée dynamique qui intègrent la résolution de problèmes, la discussion, la réflexion et la prise de décision. Les interventions efficaces pour les enfants à risque de troubles d’apprentissage devraient donc être centrées sur un apprentissage multidimensionnel.
Les approches optimales d’enseignement de la littératie et des mathématiques pour les enfants à risque dépassent la question théorique, elles ont des ramifications à l’échelle nationale et internationale. L’enseignement de ces habiletés de base aux jeunes enfants améliore leur bien-être scolaire, affectif et social et a des répercussions sur toute la vie.
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