Stress prénatal et périnatal


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 18 octobre 2011

Éditeur au développement du thème : Vivette Glover, M.A., Ph.D., D.Sc., Imperial College London, Royaume-Uni

Le stress maternel chez les humains
L’essentiel de la recherche sur le lien entre le stress de la mère et le développement de l’enfant porte sur les effets durables de l’exposition prénatale au stress. Bien que le placenta serve de barrière qui protège le bébé contre des substances nuisibles, certaines hormones, comme le cortisol qui est sécrété en période de stress, peuvent franchir le placenta et avoir un effet in utero. Quelques études ont décelé de légères associations entre le stress prénatal et l’insuffisance pondérale et la prématurité.

De façon générale, le stress prénatal est associé à un certain nombre de répercussions néfastes, y compris des troubles cognitifs, linguistiques, émotifs, de comportement et de développement neurologique. Par exemple, les enfants dont la mère a connu un niveau d’angoisse élevé durant sa grossesse sont deux fois plus susceptibles que les autres enfants d’éprouver des troubles émotifs ou de comportement qui persévèrent jusqu’au début de l’adolescence. Toutefois, le lien entre la présence d’un niveau élevé de cortisol dans le liquide amniotique et un développement cognitif déficient s’estompe quand l’enfant bénéficie de soins attentifs et optimaux de la part de ses parents après la naissance.

L’incidence du stress varie aussi en fonction de la période de gestation. Si le risque d’être atteint de schizophrénie à l’âge adulte est associé à un niveau de stress extrême de la mère au cours du premier trimestre de la grossesse, le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité est plus courant chez les enfants dont la mère est exposée au stress en fin de grossesse. Le niveau de stress vécu par la mère importe aussi parce que s’il est faible, il pourrait être lié à des effets positifs (Glover) sur le développement moteur et cognitif de l’enfant.

Les bébés nés d’une mère issue d’un milieu économique défavorisé sont particulièrement susceptibles de subir les contrecoups du stress à cause de la fréquence et du caractère incontrôlable des facteurs d’agression vécus par ce segment de la population. Toutefois, comme le stress est aussi associé à des comportements malsains tels que le tabagisme et la consommation d’alcool, il est souvent difficile d’en isoler les effets d’autres phénomènes négatifs.

Vu les risques éventuels posés par le stress prénatal sur le développement de l’enfant, il est impérieux de trouver des moyens d’établir les liens de causalité chez les humains de façon à pouvoir établir des interventions bien ciblées et efficaces. Par exemple, la recherche devrait faire des comparaisons entre des frères et sœurs exposés et non exposés au stress prénatal pour discerner le rôle des gènes de celui des parents sur l’association entre le stress et le développement postnatal. Le rôle des stratégies d’adaptation pour réduire le stress prénatal et les troubles de développement subséquents constitue une autre piste de recherche prometteuse. Il faudrait que les plans de recherche comprennent des essais cliniques (tant pour les médicaments que les thérapies comportementales), des mesures biologiques et psychologiques du stress prénatal ainsi que des évaluations objectives du développement de l’enfant, tout en assurant une prise en charge appropriée du stress de la mère après la naissance.

Étude du stress maternel chez les animaux
Les éléments les plus probants pour établir un lien de causalité entre le stress prénatal et le développement de l’enfant sont issus de la recherche sur des animaux, surtout des rongeurs (rats et souris) et des primates non humains (singes et anthropoïdes), chez lesquels il est possible de manipuler le stress prénatal.

La recherche sur les primates a montré que le stress durant la grossesse était lié à un poids de naissance légèrement inférieur ainsi qu’à des troubles moteurs, de l’attention et du comportement chez la progéniture. Les contrecoups du stress prénatal sur le poids à la naissance et le comportement étaient les plus importants quand ils s’alliaient à la consommation d’alcool durant la période de gestation. De plus, les troubles de l’attention et d’apprentissage observés durant la période postnatale tendent à persister jusqu’à l’adolescence. Bien que le stress chronique durant la seconde moitié de la période de gestation soit lié à certains de ces troubles déficitaires, le stress en général est plus nuisible durant les stades précoces de la gestation.

 

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