 |
Un certain nombre d’habiletés affectives, cognitives et comportementales acquises pendant les deux premières années de la vie contribuent positivement aux relations entre pairs. Il s’agit de la gestion de l'attention conjointe, de la régulation des émotions, de l’inhibition des impulsions, de l’imitation des actions d’un autre enfant, de la compréhension des relations de cause à effet, et du développement des habiletés langagières. Certains facteurs extérieurs, tels que les relations des enfants avec les membres de leur famille et de leur milieu socioéconomique ou culturel, ainsi que des facteurs individuels, tels que des déficiences physiques, intellectuelles, développementales ou comportementales, peuvent aussi influencer les expériences sociales avec les pairs chez les jeunes enfants.
Origines des difficultés relationnelles entre pairs
Les enfants aux prises avec des déficiences, qui présentent d’ailleurs fréquemment des difficultés relatives à plus d’une des habiletés de base précitées, ont tendance à moins bien réussir socialement que leurs pairs qui se développent normalement. En particulier, les enfants ayant des habiletés communicationnelles très limitées ou absentes, ainsi que des habiletés sociales et/ou motrices limitées ont tendance à faire preuve de comportements inappropriés (par exemple agressifs), à moins interagir avec leurs pairs et, par conséquent, à être moins bien acceptés par eux.
Même chez les enfants ne présentant pas de déficiences, un des principaux facteurs associés aux difficultés relationnelles entre pairs est le comportement. Les enfants agressifs, hyperactifs ou renfermés socialement sont souvent confrontés à un plus grand risque de rejet par les pairs.
La relation entre le comportement agressif et l’expérience du rejet par les pairs peut varier en fonction du sexe, de la période de développement et du groupe de pairs. Par exemple, l’association agression-rejet est plus marquée pendant les années préscolaires, ou les premières années de scolarisation, que plus tard dans l’enfance. Les enfants agressifs peuvent aussi être plus populaires si le groupe d’enfants auquel ils appartiennent soutient les comportements agressifs ou y est indifférent. Ainsi, ils peuvent ne pas sembler avoir de difficultés à se faire des amis parmi des amis aussi agressifs qu’eux.
Toutefois, c'est peut-être davantage l'absence de comportement prosocial, que la présence d'agressivité qui favorise le rejet par les pairs. Les enfants timides et renfermés socialement ont aussi des difficultés relationnelles avec leurs pairs, bien que celles-ci soient plus susceptibles d’apparaître après les années préscolaires.
Répercussions des difficultés relationnelles entre les pairs
À court et moyen terme, les relations problématiques entre pairs sont associées à une sous-performance éducative et à un faible rendement scolaire. Entre autres, le rejet par les pairs et les conflits avec eux peuvent anéantir la motivation des enfants à participer aux activités de la classe. À l’inverse, les enfants qui ont des amis dans la classe et qui sont acceptés par leurs pairs sont généralement plus motivés à participer.
À long terme, les difficultés relationnelles précoces entre pairs sont associées à plusieurs problèmes d’adaptation à l’adolescence et au début de l’âge adulte, comme le décrochage scolaire, la délinquance et les problèmes affectifs comme la solitude, la dépression et l’anxiété. Néanmoins, les évidences concernant les conséquences à long terme des difficultés entre pairs chez les enfants d’âge préscolaire demeurent limitées, car l’intervention de d’autres facteurs (par exemple des facteurs liés à l’individu ou à son environnement) n’a pas été contrôlée dans les études. Cependant, les risques de difficultés d’ajustement chez les enfants ayant des problèmes comportementaux et affectifs précoces semblent être exacerbés par le rejet des pairs. En revanche, les amitiés précoces et les relations positives avec les pairs semblent protéger les enfants à risque contre les problèmes psychologiques ultérieurs.
Les relations entre frères et sœurs constituent une relation entre pairs particulière, plus intime et susceptible de durer plus longtemps qu’aucune autre relation dans la vie d’une personne. Elles fournissent un contexte important pour le développement de la compréhension que les enfants ont du monde des autres, de leurs émotions, leurs pensées, leurs intentions et leurs croyances. Des conflits fréquents entre frères et sœurs pendant l’enfance sont reliés à une mauvaise adaptation ultérieure dans la vie, y compris à des tendances à l’agressivité.
Voir aussi...
|
 |