Politiques des programmes "Head Start"


Que savons-nous ?

(Synthèse des textes d'experts)

Head Start est souvent considéré comme un « laboratoire » permettant de concevoir des interventions efficaces pour les enfants pauvres. Les questions qui touchent ce programme ont donc d’importantes implications pour les politiques d’éducation à la petite enfance en général.

Les enfants qui participent à Head Start sont sélectionnés parmi les enfants les plus défavorisés de leur communauté et ce sont souvent d’autres organismes sociaux qui les orientent vers le programme. Malheureusement, Head Start ne reçoit pas suffisamment de financement pour desservir tous les enfants vivant dans des conditions de pauvreté. Présentement, seulement 60 % des enfants admissibles participent au programme. Le financement insuffisant est l’un des nombreux défis que le programme doit relever pour atteindre son objectif et offrir des services complets aux enfants de familles à faibles revenus. Un autre problème a trait quant à lui à la fluctuation des conditions de pauvreté des familles, ce qui permet difficilement de cibler le bassin d’enfants admissibles pour un moment donné. Les faibles qualifications des enseignants posent une difficulté supplémentaire. Enfin, il y a de nombreux débats entourant la combinaison optimale des services (services éducatifs par rapport aux services de santé et aux services sociaux, centrés sur l’enfant plutôt que sur la famille, etc.).

Plusieurs études ont cherché à mesurer les répercussions du programme Head Start, mais la plupart  d’entre elles comportent des limites méthodologiques (généralement liées aux groupes de comparaison) qui rendent difficile l’interprétation de leurs résultats. Néanmoins, les données appuient la conclusion générale selon laquelle les enfants qui suivent ce programme en tirent des bienfaits modestes à court et à long terme.

Une étude comparant les participants de Head Start et leurs frères et sœurs non-participants a révélé des bienfaits à long terme de la participation au programme, comme des taux plus élevés de diplomation au secondaire et de fréquentation collégiale chez les participants blancs, et une diminution des accusations criminelles et des condamnations chez les participants afro-américains. Dans une autre étude récente mais effectuée auprès d’un petit échantillon, les chercheurs ont observé des résultats positifs sur la santé et la cognition des enfants, ainsi que sur les habitudes des parents en ce qui a trait à la santé et à la sécurité.

L'étude en cours nommée Head Start Impact Study allie les meilleures caractéristiques méthodologiques des études ayant porté sur Head Start jusqu’à maintenant : un devis de recherche rigoureux et un échantillon représentatif d'environ 5 000 enfants américains. Les enfants ont été assignés aléatoirement à l’un de deux groupes : l’un participant à Head Start, l’autre pas. L’étude compare ces deux groupes quant à leurs progrès dans les domaines cognitif, socio-affectif, de la santé et des conduites parentales. Les premiers résultats indiquent des effets après un an de participation à Head Start. Plus précisément, les effets positifs portaient sur l'identification des lettres des mots, la préécriture et le vocabulaire, ainsi que sur la fréquence à laquelle les parents lisaient aux enfants. Il n'y avait pas d'effet significatif sur la compréhension orale ni sur les compétences en mathématiques. Le plus grand effet noté portait sur les habiletés des enfants en litéracie ainsi que les soins dentaires qu’ils ont reçus.

Une autre étude a comparé les données sur les programmes Head Start avec celles des enfants de l’enquête longitudinale nationale sur les  jeunes (NLSY). Elle révèle que les programmes Head Start qui dépensent plus par enfant ainsi que les programmes qui consacrent plus d’argent aux activités orientées vers l’enfant (comme l'éducation, la santé et l'alimentation) ont tendance à produire pour eux de meilleurs résultats.

Plusieurs évaluations récentes examinent les effets de Early Head Start, qui cible les enfants de la naissance à l’âge de trois ans. Les effets à court terme semblent très positifs. En effet, les enfants participant à Early Head Start ont des résultats significativement supérieurs aux non-participants à plusieurs épreuves cognitives manifestent moins de comportements agressifs et de comportements négatifs envers leurs parents pendant le jeu et sont capables d’une attention plus soutenue à un objet pendant le jeu à l’âge de trois ans. Il reste toutefois à évaluer à quel point ces progrès se maintiennent dans le temps.

 

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