Culture


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 6 juillet 2011

La culture influence divers aspects du développement des enfants. Un enfant vivant au sein d’une culture ne comportant pas de système d’éducation officiel apprend en interagissant avec des adultes ou en les observant lorsqu’ils prennent part à des activités pertinentes sur le plan culturel (p. ex., dans la culture paysanne maya traditionnelle, les mères enseignent le tissage à leur fille). La culture joue également un rôle dans le développement socio-affectif en encourageant ou en décourageant certains comportements. Bien que la plupart des connaissances actuelles en matière de développement socio-affectif proviennent d’études effectuées auprès d’enfants d’Amérique du Nord, il existe une variabilité culturelle. Par exemple, les enfants provenant de pays orientaux, comme la Corée, jouent moins à des jeux de simulation que les enfants provenant des pays occidentaux. Lorsque les enfants des cultures orientales prennent part à ce type de jeux, ils imitent souvent un membre de la famille, mais rarement un personnage de contes de fées.

De plus, le tempérament diffère selon les cultures. Les enfants d’âge préscolaire de la Corée et de la Chine sont souvent plus anxieux, introvertis et renfermés, et moins sociables que leurs pairs de l’ouest de l’Europe. Puisqu’un enfant introverti provenant des cultures occidentales est susceptible d’entretenir des relations difficiles avec ses pairs et d’intérioriser ses problèmes (p. ex., solitude et dépression), ces difficultés sont beaucoup moins fréquentes chez les enfants provenant des cultures orientales, bien que de nouvelles recherches démontrent que les enfants de l'Inde et de la Chine urbaine sont tout aussi sujets à ce risque. Ces différences peuvent s’expliquer par la signification liée à ces comportements. Dans les cultures de l’Asie de l’Est, où l’harmonie de groupe est valorisée, un enfant introverti est considéré comme étant compétent socialement, obéissant et poli. En revanche, un enfant introverti provenant des cultures occidentales est considéré comme étant appréhensif et inapte socialement.

Les enfants provenant de cultures axées sur l’interdépendance ont tendance à être moins agressifs et plus prosociaux que les enfants qui proviennent de nations où l’indépendance et la compétitivité sont valorisées. Plus de mères chinoises que de mères européennes ou américaines croient que leur enfant devrait être prosocial afin de se conformer aux normes d’un groupe (p. ex. : être accepté) et préconisent la maîtrise de soi comme pratique éducative. Peu importe la culture, partout dans le monde les enfants prosociaux et non agressifs sont appréciés des autres enfants.

De plus, l’amitié n’a pas la même signification d’une culture à l’autre. Dans les pays comme Cuba et la Corée, où l’amitié représente un index de réussite, les enfants d’âge scolaire entretiennent des relations plus étroites avec leurs pairs que les enfants nord-américains. Les enfants provenant des cultures orientales font également preuve de détachement pour résoudre des conflits avec des amis, tandis que chez les Occidentaux, ils préfèrent négocier avec leurs pairs.

Toutes les nations désirent favoriser le développement des enfants, mais les cultures ne priorisent pas toutes les mêmes résultats, comme le démontrent les différentes versions nationales de Sesame Street. Bien que l’émission de télévision américaine originale ait été conçue pour promouvoir l’apprentissage de la lecture et des mathématiques, une version adaptée en Irlande du Nord consacre la même portion de son émission aux gestes prosociaux et l’émission Rechov Sumsum, d’Israël, met l’accent sur le respect mutuel et la compréhension.

 

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