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Éditeur au développement du thème : Philip David Zelazo, Ph.D., University of Minnesota, États-Unis
Des études récentes révèlent que la cognition sociale se développe en bas âge et ce, même avant l’acquisition du langage. À quelques mois déjà, le nourrisson est capable de suivre le regard des autres, de participer à des jeux simples qui se jouent à tour de rôle (p. ex., jouer à « coucou ») et de comprendre des comportements orientés vers un but, tels que s’emparer d’un objet ou tendre la main vers un objet. Ensuite, vers l’âge de deux ans, l’enfant prend de plus en conscience que les autres manifestent des états mentaux qui diffèrent du sien. Par exemple, il reconnaît qu’une autre personne peut aimer quelque chose qu’il n’aime pas. À mesure que l’enfant d’âge préscolaire acquiert des habiletés langagières, il commence à être capable de se mettre à la place de l’autre, ce qui entraîne des changements dans ses comportement sociaux tels qu’une augmentation des comportements empathiques et prosociaux. Bien que le passage de la compréhension sociale intuitive à réfléchie s’effectue progressivement, des facteurs qui sont liés à l’enfant et à la famille permettent d’expliquer les différences reliées au développement de la cognition sociale.
En effet, les enfants qui manifestent une cognition sociale élevée ont généralement une plus grande maîtrise de leurs émotions et de meilleures habiletés sur les plans du langage et des fonctions exécutives (p. ex., capacité de planifier, maîtrise de soi et flexibilité cognitive). En maîtrisant leurs comportements et leurs émotions, ils sont plus en mesure de tenir compte du point de vue d’autrui et de bien s’entendre avec les gens. En outre, les facteurs familiaux, dont un style éducatif approprié et les interactions entre frères et sœurs, contribuent à la compréhension sociale et cognitive des enfants. Plus précisément, les enfants ont tendance à développer des habiletés sociocognitives en bas âge lorsqu’ils sont encadrés par des parents leur offrant un lien d’attachement sécurisant. Enfin, les interactions entre les enfants d’une même famille, autant positives que négatives, ont une incidence additionnelle sur le développement de la cognition sociale de l’enfant. Par exemple, les enfants ayant des frères et sœurs ont plus d’opportunités à jouer à faire semblant, à provoquer, à taquiner et à prendre part à des conversations avec le reste de la famille. En fait, même les disputes favorisent la cognition sociale, car elles incitent à la conciliation de points de vue différents.
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