Autisme


Que peut-on faire ?

Synthèse des textes d'experts - Septembre 2012

Éditrices au développement du thème : Mayada Elsabbagh, Ph.D., Université McGill, Canada et Margaret E. Clarke, M.D., University of Calgary, Canada

La sensibilisation croissante du public à l’égard de l’autisme a entraîné une demande impérieuse de programmes d’intervention, qui a fait naître en retour un besoin de recherches d’intervention. Celles-ci permettent de concevoir des programmes d’intervention fondés empiriquement et de faire le point sur les différentes interventions existantes dont on prétend le succès. 

Il est maintenant reconnu que l’autisme est une condition complexe et multidimensionnelle et que les interventions conçues pour améliorer l’évolution des individus atteints de ce trouble doivent considérer son hétérogénéité. Les études d’intervention sont toutefois limitées, car il est peu probable qu’elles puissent considérer l’ensemble des différences individuelles observées dans les manifestations de l’autisme et des TSA. Un autre défi important est de décider quels symptômes de l’autisme doivent être évalués et lesquels sont susceptibles de changer en réponse à quel type d’intervention, pour chaque variante de l’autisme. De plus, comme le pronostic pour les individus atteints d’autisme ou d’un TSA dépend en grande partie du niveau de développement langagier et cognitif atteint, les études d’intervention doivent inclure à la fois des mesures standard de succès des interventions et des mesures spécifiques à l’autisme. Pour toutes ces raisons, il est difficile de mener des études d’intervention pour l’autisme.

Deux catégories d’intervention existent : celles qui sont axées sur le comportement et celles qui sont axées sur la communication. Les approches comportementales prennent généralement la forme de programmes intensifs à long terme. Un exemple d’une telle intervention est la Early Intensive Behavioural Intervention (EIBEI), dans laquelle l’enfant travaille 30-40 heures/semaine avec des thérapeutes et les parents disposent de périodes de consultation supplémentaires. Des interventions moins intensives ont aussi été mises à l’épreuve, mais les résultats sur la comparaison de leur efficacité avec celle du EIBEI sont contradictoires. On a démontré que les approches comportementales améliorent l’évolution cognitive et langagière des enfants autistes, mais elles n’entraînent aucune amélioration des symptômes spécifiques à l’autisme. Les approches communicationnelles sont plutôt centrées sur les parents. Ce type d’intervention a eu des résultats variables; il peut entraîner une amélioration des interactions et de la communication entre parents et enfants, mais ces effets ne se généralisent pas à d’autres contextes. Pour résumer, des programmes d’intervention complets montrent que l’évolution des enfants autistes sur les plans cognitif et communicationnel peut être améliorée, mais aucune intervention à ce jour n’a entraîné de réduction de la sévérité de l’autisme.

La perception et l’attention atypiques des enfants autistes devraient être prises en considération lors de la conception des programmes et des services d’intervention. Nous pourrions capitaliser sur notre compréhension des caractéristiques attentionnelles particulières de ces enfants, notamment leur intérêt accru envers les patrons auditifs et visuels répétitifs, pour les aider à comprendre le monde non autiste, au lieu de leur demander de s’ajuster au modèle des enfants dont le développement est typique. Une telle approche exigerait que l’on éduque les parents et les donneurs de soins sur notre compréhension actuelle de l’autisme en plus de leur offrir du soutien et des services. Ultimement, une plus grande acceptation sociétale des différences sociales des enfants autistes sera nécessaire.    

Finalement, plus de recherches seront nécessaires pour identifier les biomarqueurs de l’autisme. Un obstacle à l’identification de ces biomarqueurs est l’hétérogénéité des manifestations comportementales et neurobiologiques du trouble. Un autre défi consiste à comprendre le rôle des facteurs environnementaux qui affectent les processus biologiques sous-jacents du trouble.

 

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