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Pour évaluer la qualité de l’attachement pendant la petite enfance, les chercheurs utilisent souvent la méthode standardisée de séparation-retrouvailles appelée Procédure de la situation étrange au cours de laquelle ils évaluent, à partir des réactions du nourrisson lorsqu’il retrouve son donneur de soins après une brève séparation, dans quelle mesure l’enfant peut faire confiance en l’accessibilité de sa figure d’attachement.
Il existe quatre modèles d’attachement entre le nourrisson et le donneur de soins. Certains nourrissons cherchent activement à se rapprocher de leur donneur de soins quand ils le retrouvent. Ils communiquent leurs sentiments de stress et de détresse ouvertement, et retournent ensuite volontiers à leur exploration. Ces nourrissons font partie de la catégorie d’attachement sécurisant. Ce type d’attachement se développe quand le donneur de soins répond systématiquement à la détresse de l’enfant avec sensibilité. Les nourrissons qui ignorent ou évitent le donneur de soins quand ils le retrouvent font partie de la catégorie non sécurisant évitant. Ce type d’attachement se développe quand le donneur de soins réagit systématiquement à la détresse de l’enfant en le rejetant.
Les nourrissons qui combinent un solide maintien du contact et une résistance au contact ou qui restent inconsolables et incapables de retourner explorer l’environnement font partie de la catégorie d’attachement de type non sécurisant ambivalent. Ce type d’attachement se développe quand le donneur de soins réagit de façon incohérente et imprévisible. Enfin, certains enfants ne semblent pas capables de recourir à un modèle d’attachement unique et organisé. On parle alors d’attachement désorganisé. Ce type se développe quand le donneur de soins manifeste des comportements inhabituels et en fin de compte effrayants en présence de l’enfant.
Dans la population normative, on rapporte qu’environ 62 % des nourrissons sont classés dans la catégorie d’attachement sécurisant, 15 % dans la catégorie d’attachement non sécurisant évitant, 8 % dans la catégorie d’attachement non sécurisant ambivalent et 15 % dans la catégorie d’attachement désorganisé. 1
L’attachement sécurisant est considéré comme un facteur de protection parce qu’il a été associé à de meilleurs résultats développementaux dans des domaines comme l’autonomie, la connaissance de ses propres capacités, l’empathie et la compétence sociale chez les trottineurs, à l’âge scolaire et à l’adolescence. Les chercheurs ont démontré que les nourrissons dont l’attachement était non sécurisant courraient des risques de problèmes d’adaptation plus tard, soit de troubles de conduites, d’agressivité, de dépression et de comportements antisociaux. Les enfants dont l’attachement est désorganisé sont ceux qui courent le plus de risques de psychopathologie. On observe un pourcentage très élevé d’attachement désorganisé chez les enfants victimes de maltraitance. Une panoplie de comportements parentaux sont liés à la désorganisation du nourrisson, incluant des erreurs en matière de communication affective (comme des réponses contradictoires aux signaux du nourrisson), le retrait parental, des réponses négatives intrusives, une confusion de rôle, des réponses désorientées et des comportements effrayés ou effrayants.
Les événements négatifs de la vie (comme le divorce) peuvent compromettre la sécurité de l’attachement, mais les différences en matière de sécurité de l’attachement résultent principalement des interactions des enfants avec leur environnement social pendant les premières années de la vie. Le parentage joue donc un rôle crucial. C’est pourquoi les interventions préventives pendant la petite enfance peuvent énormément modifier les trajectoires développementales et comportementales, surtout chez les familles à risques très élevés.
Référence
- van IJzendoorn MH, Schuengel C, Bakermans-Kranenburg MJ. Disorganized attachment in early childhood: Meta-analysis of precursors, concomitants, and sequelae. Development and Psychopathology 1999;11(2):225–249.
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