Attachement


Que peut-on faire ?

(Synthèse des textes d'experts)

Pour améliorer les résultats développementaux à long terme des enfants, les programmes de prévention et d’intervention devraient être centrés sur la promotion de l’attachement sécurisant entre parent et nourrisson. Les interventions portant sur l’attachement ciblent souvent des problèmes particuliers, comme la sensibilité parentale, les comportements et l’état psychique. Cependant, les interventions axées exclusivement sur la formation comportementale centrée sur la sensibilité parentale plutôt que sur la sensibilité en plus d’un soutien ou sur la sensibilité en plus d’un soutien et des représentations internes (par exemple, la thérapie individuelle),  l’utilisation de la rétroaction par vidéo et les interventions brèves (de 5 à 16 séances) axées sur la sensibilité parentale sont parmi celles qui semblent les plus efficaces pour améliorer la sécurité de l’attachement et qui ont donné des résultats positifs auprès des parents adoptifs. De plus, le lieu de l’intervention (à domicile plutôt qu’au bureau) et la présence de multiples facteurs de risques n’ont pas affecté l’efficacité, mais les interventions effectuées auprès de patients ou clients référés cliniquement et celles qui incluaient les pères étaient plus efficaces que celles qui ne possédaient pas ces caractéristiques.

Quelques interventions centrées sur la sensibilité ont également eu un certain impact sur l’attachement désorganisé. Cependant, les chercheurs pensent que les interventions axées sur les comportements parentaux atypiques (comme l’impossibilité d’assurer la sécurité de l’enfant, de consoler un enfant qui ressent de la détresse, le fait de rire devant sa détresse, de lui demander de l’affection et de vouloir qu’il rassure le donneur de soins ou de le menacer de lui faire mal) sont les plus susceptibles de réduire l’attachement désorganisé. Jusqu’à présent, les interventions portant sur l’attachement se sont principalement centrées sur les précurseurs de l’attachement non sécurisant plutôt que sur l’attachement désorganisé. Les futures recherches devraient donc évaluer le potentiel des interventions qui consistent à prévenir l’attachement désorganisé.

Actuellement, les données de recherche sur l’amélioration de la relation d’attachement favorisent de brèves interventions très ciblées quand l'enfant a au moins six mois. Cependant, des interventions plus complètes et à long terme ou d’autres types d’interventions peuvent être nécessaires auprès de certaines familles à risques. Certains enjeux importants devraient être étudiés avant de tirer des conclusions définitives sur la façon de mieux promouvoir l’attachement sécurisant dans différents types de familles. Citons entre autres la durabilité des effets des interventions, les mécanismes qui contribuent à leur succès et leur efficacité dans le monde réel (par opposition aux essais cliniques) chez différents types de familles.

Néanmoins, il est clair que les prestataires de services devraient être formés à des techniques basées sur l’attachement, reconnues pour leur efficacité. Les programmes d’intervention portant sur l’attachement devraient faire partie des programmes existants de visites à domicile et d’éducation parentale. Quant aux politiques, elles devraient identifier des moyens permettant aux familles d’avoir systématiquement accès à du soutien psychologique et en matière de parentage tout au long de la vie de leur enfant. Les analyses économiques indiquent maintenant clairement qu’il est rentable, tant en termes monétaires que de souffrance humaine, de fournir des services aux familles qui ont des nourrissons avant qu’une psychopathologie ne se développe.

 

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