Alcoolisation fœtale


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 29 novembre 2011

Éditeur au développement du thème : Mary J. O'Connor, Ph.D., University of California at Los Angeles, États-Unis
Thème subventionné par : Margaret & Wallace McCain Family Foundation

La sévérité des effets nuisibles de l’EPA varie d’un enfant à l’autre et dépend de multiples facteurs, dont la gravité de l’EPA (quantité, moments, fréquence) et les prédispositions génétiques. Cependant, même une petite quantité d’alcool durant la grossesse peut avoir des effets durables sur la progéniture. La consommation d’aussi peu qu'une boisson alcoolisée par semaine au cours des trois premiers mois de la grossesse a été associée à des problèmes psychiatriques chez les petites filles de 4 et 8 ans et ce, même après avoir contrôlé une variété de facteurs confusionnels.

Petite enfance
La consommation d’alcool durant la grossesse a été associée à une large gamme de conséquences négatives tout au long du développement. Les nourrissons et les tout-petits qui ont été exposés à l’alcool in utero présentent des perturbations du sommeil, de la régulation, de l’orientation et de l’habituation. Ils tendent aussi à être plus irritables que les enfants non-exposés. Une forte consommation d’alcool est associée à une augmentation des émotions négatives chez les bébés. Celles-ci, en retour, peuvent diminuer la sensibilité, le support et les stimulations maternelles et ultimement exacerber les impacts négatifs de l’EPA sur le développement. De plus, même en contrôlant l’âge, l’ethnie et le revenu familial, les enfants ayant subi une EPA sont beaucoup plus susceptibles de présenter un attachement insécurisé ou des symptômes de dépression que les enfants non-exposés.

Enfance
Les perturbations qui se manifestent pendant la petite enfance persistent souvent durant l’enfance. Les enfants ayant été exposés à l’alcool in utero montrent une réactivité, une irritabilité et un niveau d’activité accrus, et ils souffrent plus fréquemment de déficits de l’attention. Ils ont aussi des difficultés sur le plan neurocomportemental, notamment des déficits intellectuels, langagiers, de la mémoire, dans la résolution de problèmes visuo-spatiaux et des fonctions exécutives. Les enfants touchés par l’ETCAF sont aussi plus susceptibles que les enfants non-exposés à l’alcool de recevoir un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et de présenter de faibles capacités d’adaptation et des problèmes de comportements, même après avoir contrôlé pour le fonctionnement intellectuel.

Adolescence et âge adulte
L’EPA continue d’avoir un impact à l’adolescence et à l’âge adulte. L’un des effets les plus documentés à ce stade de la vie est la haute incidence de problèmes de santé mentale, comme les troubles de l’humeur et de personnalité, dans la population touchée. Les problèmes de comportement et la délinquance sont aussi plus communs parmi les adolescents et les adultes touchés par l’ETCAF. Ceux-ci commettent plus souvent des actes illégaux, ont davantage de conduites antisociales et de comportements sexuels inappropriés, et ils sont plus fréquemment incarcérés. Ils sont aussi plus susceptibles de vivre des problèmes socio-émotionnels, professionnels et liés à la consommation de substances.

 

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