Alcoolisation fœtale


Est-ce important ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 29 novembre 2011

Éditrice au développement du thème : Mary J. O'Connor, Ph.D., University of California at Los Angeles, États-Unis
Thème subventionné par : Margaret & Wallace McCain Family Foundation

La proportion de femmes en âge de procréer qui consomme de l’alcool s’est maintenue autour de 55 % à travers le monde au cours des 20 dernières années. De plus, des enquêtes ponctuelles révèlent qu’environ 11 % des femmes enceintes rapportent avoir consommé de l’alcool au cours du dernier mois. D’autres recherches ont montré que 30 % des femmes admettent avoir consommé de l’alcool durant leur grossesse, et 8 % rapportent avoir pris plus de quatre consommations lors de la même occasion. Même si la plupart des femmes réduisent leur consommation d’alcool lorsqu’elles découvrent qu’elles sont enceintes, plusieurs d’entre elles ne savent pas qu’elles le sont avant leur quatrième ou leur sixième semaine de grossesse; elles continuent donc de consommer de l’alcool avant cette période. Même si les experts recommandent aux femmes de s’abstenir de consommer de l’alcool pendant leur grossesse ou lorsqu’elles essaient de concevoir un enfant, les femmes continuent de rapporter qu’elles en consomment, peut-être parce qu’une confusion persiste quant aux effets de l’alcool sur le développement du fœtus.

Malgré qu’elle soit totalement évitable, l’exposition prénatale à l’alcool (EPA) reste la cause principale des anomalies congénitales, des déficiences intellectuelles et d’autres problèmes développementaux chez les enfants. Les complications dues à la consommation d’alcool par la mère durant la grossesse affectent les familles et les enfants de tous les groupes ethniques et socio-économiques.

L’une des déficiences congénitales les plus sévères causées par l’EPA est le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). Il s’agit d’un syndrome persistant et irréversible caractérisé par un ensemble de traits faciaux distinctifs (par ex., fentes palpébrales fines, lèvre supérieure mince, philtrum lisse), un retard de croissance et un dysfonctionnement du système nerveux central. En moyenne, le SAF touche environ 1-3 naissances vivantes sur 1000, et ce taux augmente à 10-15 naissances sur 1000 dans les groupes à risque tels que celui des enfants placés en famille d’accueil.

Puisque la plupart des enfants exposés à l’alcool durant la période prénatale ne présentent pas toutes ces déficiences, l’expression « Ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) » a été créée au cours des dernières années pour désigner toute la gamme de déficiences associées à l’EPA. On estime que la prévalence de l’ETCAF dans la population générale est de 9.1 par 1000 naissances vivantes.

L’EPA a des effets dévastateurs directs sur les enfants et leur famille, mais elle représente aussi un fardeau financier important pour les gouvernements et les communautés. Par exemple, le coût à vie du suivi d’un enfant touché par le SAF est estimé à 2 millions de dollars, en raison des ressources médicales et éducationnelles particulières qui sont nécessaires à ce suivi.

 

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