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Est-ce important?

La mise en place de politiques de congés parentaux a été motivée par le nombre croissant de femmes accédant au marché du travail ainsi que par le souci de favoriser la santé et le bien-être de la mère et du nourrisson.

Au Canada (statistiques de 2001) :

  • 60 % des femmes ayant des enfants de moins de trois ans occupaient un emploi;1
  • 85 % des mères et une proportion presque aussi importante de pères (travaillant à temps plein) avaient le sentiment qu’il n’y avait pas assez d’heures dans une journée.2 

En règle générale, les politiques nationales comprennent une période de congé avec droit de réintégrer l’emploi et des montants divers d’allocation remplaçant le revenu afin de pouvoir s’absenter du travail à la suite de la naissance ou de l’adoption d’un enfant.

Par exemple, en 2000, la Suède accordait un congé de maternité de 12 semaines (rémunéré à 100 % du salaire) et un congé parental de 18 mois (à 80 % du revenu pour 52 semaines); la Norvège, un congé parental de 42 à 52 semaines (à 100 % du revenu pour 42 semaines; à 80 % pour 52 semaines); l’Italie, un congé de maternité de 21 semaines (à 80 % du revenu) et un congé parental de 10 mois (à 30 % du revenu); le Danemark, un congé de maternité de 18 semaines (à 100 % du revenu) et un congé parental de 10 semaines pour chacun des parents (à 100 % du salaire). Au Canada, un congé de maternité et un congé parental de 12 mois partiellement rémunérés étaient offerts; aux États-Unis, les employés admissibles (travaillant dans une entreprise de 50 salariés ou plus) avaient droit à un congé sans solde de 12 semaines.3

Au Canada, les statistiques pour l’année 2001 révèlent que :

  • 61 % des nouvelles mères touchaient des prestations de maternité ou parentales;4
  • 10 % des pères avaient réclamé des prestations parentales ou prévoyaient le faire.4 

Que savons-nous?

Stress prénatal et périnatal

Il est difficile de déterminer, de mesurer et de définir le lien de causalité entre le stress maternel et l’anxiété sur l’issue de la grossesse. Les femmes enceintes estimeront que quelque chose est stressant ou non en fonction de toute une série de facteurs, y compris les traits de leur personnalité et leur façon de voir la vie, et selon qu’elles considèrent les sources de stress comme internes ou externes.

Le stress pendant la grossesse a été relié à divers problèmes de développement chez les enfants, notamment à une diminution de l’attention du nouveau-né, de sa maturité motrice et de sa régulation émotive, ainsi qu’à un ralentissement des capacités d’apprentissage. La recherche montre toutefois que le stress n’est pas toujours nuisible et qu’un certain degré de stimulation et d’activation pourrait même être salutaire au développement du fœtus. En outre, la dépression postnatale représente un facteur de risque important corrélé à des difficultés psychosociales chez les enfants. Les implications du stress maternel postnatal sur l’environnement auquel est exposé le jeune enfant peuvent avoir des conséquences plus lourdes que les effets biologiques des expositions prénatales.

Congés parentaux

Les études sur les congés parentaux et le bien-être des enfants suggèrent que le retour rapide de la mère au travail (au cours de la première année de vie de l’enfant) :

  • est associé à une plus grande fréquence de problèmes de comportement chez les enfants (à quatre ans);
  • est associé à une légère diminution des résultats de l’évaluation du langage, du développement cognitif et du rendement scolaire ultérieur;
  • peut être désavantageux pour les enfants vivant dans des familles composées de deux parents appartenant à la classe moyenne ou supérieure, mais bénéfique pour les enfants vivant dans des familles monoparentales ou à faible revenu, si l’on en juge par les résultats de l’évaluation du langage et du développement cognitif à l’âge de quatre ans.

D’autres études ont mis en évidence que les congés payés étaient associés à des diminutions des taux de mortalité pendant la petite enfance et chez les jeunes enfants. La santé et le bien-être de la mère seraient quant à eux plus étroitement liés à la satisfaction de son rôle de mère et au soutien qu’elle reçoit de son époux et de la société.

Que peut-on faire?

À l’heure actuelle, plus de 100 pays ont adopté des politiques relatives aux congés de maternité et parentaux. Les politiques existantes varient d’un endroit à l’autre en ce qui a trait à la durée du congé accordé ainsi qu’aux taux de prestations prévus.

Selon les chercheurs, trois questions-clefs entourent les politiques de congés : 

  • les critères d’admissibilité au congé;
  • la durée du congé;
  • les taux de prestations. 

Ces questions ainsi que d’autres facteurs, notamment les types de services de garde offerts et la disponibilité des services de garde de qualité, exercent une influence considérable sur la durée du congé que prennent les parents. Parmi les autres préoccupations soulevées par les mères, on note la nature de leur travail (p. ex., le travail indépendant), la disponibilité des prestations fournies par l’employeur, les modalités de retour au travail, ainsi que l’impact du congé sur leur sécurité d’emploi ou sur l’évolution de leur carrière. Des preuves empiriques indiquent que les femmes qui prennent un congé de maternité ou parental font face à des conséquences financières négatives

Des recherches additionnelles axées sur les programmes de congés parentaux proposant des options à l’image de celles que l’on retrouve dans les pays européens sont requises. Les questions clés sur lesquelles pourraient se pencher des études supplémentaires :

  • Pourquoi les femmes retournent-elles travailler tôt?
  • Pourquoi la plupart des hommes ne prennent-ils pas de congés parentaux?
  • Qu’est-ce qui détermine la durée du congé que la mère ou le père va prendre?
  • Qu’est-ce qui peut être fait pour normaliser les congés à la fois pour les mères et pour les pères?
  • Que peuvent faire les organisations pour aider les parents à trouver un équilibre entre le travail et la famille?

Les congés parentaux ne constituent qu’une des composantes d’un ensemble de politiques et de mécanismes de soutien qui doivent être développés afin d’aider les parents à équilibrer les exigences contradictoires du travail et de la famille. L’examen de la question ne doit pas se limiter aux politiques sociales (c’est-à-dire les congés de maternité et parentaux) et devrait comprendre une analyse et une évaluation de la façon dont les emplois sont structurés et dont les employés sont rémunérés ainsi que du soutien en milieu de travail (flexibilité d’horaire, accès à l’allaitement maternel, services de garde de haute qualité). Des études complémentaires contribueraient à déterminer comment les milieux de travail, les communautés et les gouvernements peuvent créer des conditions favorables au sain développement des enfants et des familles à long terme.

Références

  1. Statistics Canada. Health indicators. Life stress. Available at: http://www.statcan.ca/english/freepub/82-221-XIE/2004002/nonmed/personal3.htm. Accessed April 27, 2005.
  2. Statistics Canada. The people: Household and family life: Stress. In: Statistics Canada. Canada e-book. Ottawa, Ontario: Statistics Canada; 2003. Available at: http://www43.statcan.ca/02/02d/02d_005_e.htm.  Accessed April 27, 2005.
  3. OECD. Starting strong – Early childhood education and care. Paris, France: OECD; 2001.
  4. Marshall K. Benefiting from extended parental leave. Perspectives on Labour and Income 2003;15(2):16. Statistics Canada, Cat. No. 75-001-XPE.

Pour citer cet article :

Congés parentaux : Synthèse. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/conges-parentaux/synthese. Actualisé : Mars 2007. Consulté le 23 octobre 2019.