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Souscrire à la démocratie dans les services de garde et d’éducation des jeunes enfants

Peter Moss, professeur émérite, prestation pour la petite enfance

UCL Institute of Education, University College London, Royaume-Uni

Septembre 2021, Éd. rév.

Introduction

L’idée que la démocratie et l’éducation soient inextricablement liées ne date pas d’hier : la démocratie est une valeur et une pratique de base en éducation, et l’éducation est un moyen de renforcer et de soutenir la démocratie. La démocratie a été un thème central pour bien des grands penseurs en éducation du denier siècle, tels que John Dewey, Celestin Freinet, Janusz Korczak, Paolo Freire et Loris Malaguzzi. De nos jours, la démocratie a encore des tenants,1,2,3,4 et un certain nombre de pays s’engagent à infuser les valeurs démocratiques dans leurs documents de programmes d’éducation et de politiques pédagogiques.5,6 Cependant le discours sur l’éducation démocratique est marginalisé par deux autres discours, soit ceux sur la « qualité » et sur les marchés, qui ont tous deux prospéré sous le néolibéralisme.7 Le discours sur la qualité a nettement une saveur managériale et voit l’éducation comme une technologie servant à atteindre des résultats prédéterminés. Il cherche à assurer la conformité des enfants, des enseignants et des institutions avec des normes établies par des experts. Alors que le discours des marchés perçoit l’éducation comme un bien à vendre à des parents-consommateurs, valorisant l’intérêt personnel, le calcul et le choix individuel. Comme Carr et Hartnett le soulignent dans leur livre Education and the Struggle for Democracy :

Toute vision de l’éducation qui prend la démocratie au sérieux ne peut faire autrement qu’être en contradiction avec les réformes de l’éducation qui épousent le discours et les valeurs des forces du marché et qui traitent l’éducation comme un bien à acheter et à consommer […] dans une démocratie, les personnes ne font pas qu’exprimer des préférences personnelles; elles font aussi des choix publics et collectifs liés au bien commun de leur société.8 [Trad.]

Qu’est-ce que la démocratie?

La démocratie est un concept multidimensionnel, qui prend différentes formes et qui s’exerce de différentes manières selon chaque dimension. Cela peut être procédural, soit au sujet de règles gouvernementales officielles qui comprennent des pratiques telles que l’élection de représentants à des organes gouvernementaux de différents niveaux, les travaux de ces organes (p. ex. : parlements nationaux, conseils locaux, directeurs d’établissements scolaires) ainsi que les diverses conditions associées à ces formes démocratiques de pouvoirs publics (p. ex. : médias indépendants, primauté du droit). La démocratie peut aussi se manifester de façon participative, en faisant intervenir les gens dans les questions qui affectent leur vie quotidienne. En ce sens, la démocratie peut être considérée comme un mode d’existence, une façon de vivre ensemble. Selon Dewey, la démocratie est plus qu’une forme de gouvernement, mais « principalement une forme de vie en collectivité » [trad.]9 ancrée dans la culture et les relations sociales du quotidien et « un mode de vie régi par une croyance fonctionnelle quant aux possibilités de la nature humaine [et] une croyance en la capacité des êtres humains à poser des jugements et des gestes intelligents si les bonnes conditions prévalent. »10 [Trad.] Cela sous-entend qu’il faut maximiser les occasions de partage, d’échange, de prise de décision et de négociations de perspectives et d’opinions. Cela implique aussi que la démocratie est une façon de se mettre en rapport avec soi et les autres, un rapport éthique, politique et éducatif qui peut et doit imprégner tous les aspects du quotidien.

La démocratie et le secteur de la petite enfance

Une vision de l’éducation qui prend la démocratie au sérieux ne se limite pas aux stades plus avancés de l’éducation. La démocratie peut, comme l’énonce le programme préscolaire suédois, représenter une valeur fondamentale dans les services à la petite enfance.11 Comme le fait valoir George :

La démocratie et les services de garde sont deux expressions qui ne sont pas spontanément associées l’une à l’autre. Mais où et quand la démocratie débute-t-elle? […] Les bases d’une culture démocratique au quotidien peuvent en effet être déjà jetées au service de garde.12 [Trad.]

La démocratie dans le secteur des services de garde et d’éducation des jeunes enfants doit se jouer à plusieurs niveaux, pas seulement à l’échelle de l’institution, c’est-à-dire le service de garde ou le programme préscolaire, mais aussi aux échelles nationale et plus locale. Chaque niveau assume la responsabilité de certains choix, le « choix » étant un processus démocratique impliquant une prise de décision collective pour le bien commun (qui s’oppose à l’usage néo-libéral de « choix » au sens de prise de décision par des consommateurs individuels).13,14 La démocratie peut être encouragée et pratiquée sur un seul niveau, mais pour obtenir de meilleurs résultats, les trois devraient être impliqués : chaque niveau doit compléter la pratique de la démocratie aux autres niveaux. Un système démocratique sous-entend aussi que chaque niveau laisse aux autres assez de latitude pour la pratique démocratique, avec une forte décentralisation de l’ordre national vers les ordres locaux.13

À l’échelle nationale

La tâche à l’échelle nationale consiste à fournir un cadre de droits, d’attentes et de valeurs adoptés démocratiquement, incluant la démocratie comme valeur fondamentale; à assurer les conditions matérielles pour le concrétiser; et à permettre aux autres niveaux de le mettre en œuvre de manière démocratique. Prenons quelques exemples : un cadre démocratique peut comprendre le droit à des services pour les enfants en tant que citoyens ainsi qu’un système de financement qui permet à tous les enfants de faire valoir ce droit; un énoncé clair stipulant que les services à la petite enfance sont un bien et une responsabilité publics et non privés; un programme-cadre qui définit les grandes valeurs et les grands objectifs, incluant la démocratie comme valeur fondamentale, mais qui permet à chaque région de les interpréter à sa façon; une politique sur la petite enfance entièrement intégrée dont la responsabilité incombe à un seul ministère; et une main d’œuvre instruite, bien rémunérée et diversifiée pour tous les jeunes enfants. 

À l’échelle municipale

À l’échelle d’une administration plus municipale, quelle forme prend la démocratie dans le secteur de la garde et l’éducation des jeunes enfants? Elle peut se traduire par l’élaboration d’une « initiative culturelle locale sur l’enfance »,15 qui implique un engagement politique, la participation du citoyen et la prise de décisions collective pour permettre à une collectivité d’assumer la responsabilité de ses enfants et de leur éducation (au sens large), la responsabilité non seulement de fournir des services, mais aussi de répondre à des questions pédagogiques cruciales : Quelle est notre image de l’enfant, de l’éducateur et du centre de la petite enfance? Qu’entendons-nous par connaissances et apprentissage? Quelles sont nos valeurs éducatives fondamentales? Plusieurs communes d’Italie (notamment celle de Reggio Emilia) se sont lancées dans une telle entreprise collective démocratique et il y a sans doute des exemples dans d’autres pays. Cela signifie également apporter un soutien actif à l’implémentation de la démocratie dans les services locaux à la petite enfance.

À l’échelle du service de la petite enfance

L’instauration de politiques démocratiques dans un milieu de garde – qu’il s’agisse d’un centre de la petite enfance, d’un programme préscolaire, d’une prématernelle, d’une maternelle, d’un jardin d’enfants ou de quelque autre terme employé pour décrire les services à la petite enfance – signifie que les citoyens, tant les enfants que les adultes, sont engagés dans au moins cinq types d’activité.

Premièrement, il y a la participation aux décisions touchant les buts, les pratiques et l’environnement du milieu de garde, selon le principe de Dewey voulant que « toutes les personnes touchées par les établissements sociaux doivent avoir un mot à dire dans leur mise sur pied et leur gestion. »16 C’est ce qui se rapproche le plus de l’idée de démocratie comme principe de gouvernement, où les représentants élus ou tous les membres du groupe participent d’une façon quelconque aux décisions dans des domaines particuliers. Par exemple, il pourrait s’agir d’un milieu de garde fonctionnant comme une coopérative gérée par un groupe d’employés ou de parents17 ou d’un conseil d’administration élu et composé de parents, de personnel et d’autres citoyens engagés dans les dossiers pédagogiques, budgétaires et liés au personnel.18 Mais, à l’extérieur des organes directeurs formels, les enfants et les adultes devraient aussi prendre part aux petites et grandes décisions concernant les services qu’ils utilisent (voir Clark19 pour avoir un exemple de la participation d’enfants et d’adultes à la conception d’un milieu de la petite enfance).

Deuxièmement, il y a la façon de voir l’apprentissage : la pratique démocratique voit dans l’apprentissage plus que la simple répétition d’une matière ou de compétences prédéterminées; elle voit les enfants comme « des constructeurs actifs de leur propre apprentissage et des producteurs de points de vue originaux sur le monde. »20,21 Les pédagogies de « l’invention » ou de « l’écoute », ouvertes à des résultats non prévisibles et à de nouvelles pensées, et qui valorisent l’émerveillement et la surprise, comportent nécessairement des valeurs et pratiques démocratiques.

Troisièmement, il y a l’évaluation du travail de la petite enfance par l’entremise de méthodes participatives. Dahlberg, Moss et Pence22 opposent la « qualité » utilisée dans le langage technique de l’évaluation à la « création d’un sens » privilégiée avec une approche démocratique. Le « langage de la qualité » fait intervenir un observateur supposément objectif qui applique des normes externes prédéfinies à une institution afin de faire une évaluation décontextualisée de la conformité à ces normes. En comparaison, le « langage de création d’un sens » considère l’évaluation comme une démarche d’interprétation formative et démocratique qui fait appel à tous les intervenants (y compris les enfants), et qui jette la lumière sur la pratique et qui invite en conséquence à la réflexion, au dialogue et au changement. Une telle démarche s’inscrit dans la pratique de la documentation pédagogique, qui peut servir non seulement à l’évaluation, mais aussi à la recherche participative, au perfectionnement professionnel, à la planification et à la pratique démocratique.22,23

Quatrièmement, il y a la contestation des discours dominants, que Foucault a baptisés « régimes de vérité », qui cherchent à façonner nos subjectivités et nos pratiques par leurs affirmations de vérité universelle et leur relation avec l’autorité et le pouvoir. Ces régimes de vérité ont l’appui de groupes privilégiés – souvent l’État et ses gardiens experts – qui prétendent occuper une position privilégiée d’objectivité et de savoir. Pour contester ces puissants discours, il faut tenter de rendre visibles des suppositions et des valeurs de base prises pour acquis et « accueillir et soutenir “d’autres façons de penser”. »24

La cinquième activité politique démocratique émerge de la contestation des discours dominants. Il s’agit de s’ouvrir au changement en adoptant un cadre de pensée critique par rapport à ce qui existe et en envisageant des utopies que l’on peut convertir en actions utopiques. Giroux parle de « démocratie critique », à travers laquelle les gens peuvent « assurer les conditions de leur propre pouvoir par le dialogue, la participation de la collectivité, la résistance et la lutte politique. »25 [Trad.]

Les conditions de la démocratie

Pour permettre l’évolution et le maintien de la démocratie dans l’éducation et les soins à la petite enfance, il est nécessaire de créer les conditions d’instauration adéquates, par exemple, adopter la compréhension que les services à la petite enfance constituent un espace idéal pour mettre en œuvre la démocratie. Cet espace, tel que compris, offre des occasions de participation pour tous les citoyens – qu’il s’agisse des enfants ou des parents, des intervenants ou des politiciens, ou de n’importe quel citoyen.

L’idée de participation, ainsi, définit le service à la petite enfance comme un espace social et politique et, par conséquent, un espace d’éducation dans son sens le plus large. Toutefois, cela n’est pas évident, cela ne constitue pas une partie naturelle et intrinsèque de ce qu’est une école. C’est un choix philosophique, un choix fondé sur des valeurs.26 [Trad.]

Ce choix représente une idée spécifique des services à la petite enfance : il ne s’agit ni d’une entreprise privée proposant un service de confort à la vente, ni d’une usine utilisant des technologies sur les enfants pour obtenir des résultats prédéterminés, mais bien d’un forum public au sein d’une société civile, d’un lieu de rencontre pour les citoyens de tous les âges. 

Il est important de prendre en considération aussi d’autres façons de voir les choses, comme l’image de l’enfant, du parent et du travailleur. D’un point de vue démocratique, l’enfant est vu comme un citoyen compétent, un spécialiste de sa propre vie, une personne qui a des opinions dignes d’être entendues et qui a le droit et la capacité de participer aux décisions collectives. Les parents sont vus comme des citoyens compétents « parce qu’ils possèdent et acquièrent leurs propres expériences, points de vue, interprétations, idées […] qui sont le fruit de leur parcours à titre de parents et de citoyens. »26 Les travailleurs assument ce qu’Oberhuemer27 a baptisé le « professionnalisme démocratique » et voient leur rôle comme celui de praticiens de la démocratie. Tout en reconnaissant qu’ils apportent une perspective intéressante et un savoir local pertinent au forum démocratique, ils savent aussi qu’ils ne possèdent pas la vérité ni un accès privilégié au savoir.

L’implémentation de la démocratie requiert également le soutien de ce que l’on nomme un « système compétent », soit un système de « relations réciproques entre des individus, des groupes, des institutions et l’ensemble du contexte sociopolitique [...] [qui offre] du soutien aux individus pour leur permettre de concrétiser leur capacité à développer des pratiques responsables et adaptées afin de répondre aux besoins des enfants et des familles dans un contexte sociétal en constante évolution. »28 [Trad.] Dans le nord de l’Italie, le rôle du pedagogista est un exemple de composant important dans un système de ce type. Il s’agit d’éducateurs expérimentés qui travaillent auprès de quelques écoles pour aider à élaborer la compréhension des processus d’apprentissage et du travail pédagogique, par exemple, avec des documents pédagogiques.29,30 On peut trouver un autre exemple au Portugal, où l’on constate un solide engagement envers la démocratie au sein de l’éducation, autant au niveau national qu’individuel. Cette conception est encouragée par le Movimento da Escola Moderna (MEM), soit le Mouvement pour une école moderne. Le MEM est un mouvement pédagogique qui « élabore les réponses contemporaines à une éducation scolaire intrinsèquement dirigée par les valeurs démocratiques de participation directe à travers les structures de la coopération pédagogique. »31 [Trad.] Née de la lutte pour reconquérir la liberté après la dictature, inspirée par la pédagogie démocratique et coopérative de Freinet et aujourd’hui reconnue par le gouvernement, cette organisation soutient les enseignants de tous les niveaux grâce à des activités nationales, régionales et locales qui tissent des liens entre les pratiques pédagogiques des enseignants et des occasions de développement professionnel grâce à des échanges et des réflexions qui favorisent la démocratie.  

Ces exemples semblent dessiner un autre facteur essentiel : La culture d’une pratique démocratique dans les services à la petite enfance a besoin de certaines conditions matérielles. Par exemple, il faut un financement public suffisant et stable; une main d’œuvre bien formée pour adopter une approche démocratique; et des outils pédagogiques appropriés, comme de la documentation pédagogique.22,23

Conclusions

Une pratique démocratique de l’éducation et de la garde de jeunes enfants permettra d’adopter et de pratiquer la démocratie comme valeur fondamentale. Cette réussite sera sûrement associée à certaines autres valeurs partagées par la communauté du secteur des services à la petite enfance, notamment :

  • Un engagement envers la coopération et la solidarité, le dialogue et l’écoute
  • le respect de la diversité, lié à l’éthique d’une rencontre, une éthique relationnelle mise à l’avant-scène par Dahlberg et Moss32 dans leur discussion sur l’éthique dans les services à la petite enfance;
  • la reconnaissance de perspectives multiples et de paradigmes divers33 – reconnaître le fait qu’il y a plus d’une réponse à la plupart des questions et qu’il y a plus d’une façon de voir et de comprendre le monde;
  • l’appréciation de la curiosité, de l’incertitude et de la subjectivité – et de la responsabilité qu’elles exigent de nous;
  • développer une capacité d’esprit critique, qui selon Nikolas Rose est « une question d’instaurer une attitude critique envers les choses qui se présentent sur notre parcours actuel comme si elles étaient intemporelles, naturelles, incontestables : résister aux maximes de son temps, à l’esprit de son âge, au courant des idées reçues, [il s’agit] d’interrompre la fluidité de la narration qui code cette expérience pour la faire bégayer. »34

L’importance de telles valeurs pour favoriser la pratique démocratique se reflète dans ces paroles des trois penseurs pédagogues de Reggio Emilia déjà cités au sujet de la participation dans leurs centres municipaux de la petite enfance :

La participation est fondée sur la conception que la réalité n’est pas objective, que la culture est un produit de la société qui évolue continuellement, que les connaissances individuelles ne sont que partielles et que, pour construire un projet, le point de vue de chacun est pertinent au dialogue avec les autres, dans un cadre de valeurs partagées. La conception de la participation se fonde sur ces concepts, tout comme la démocratie elle-même à notre avis.26 [Trad.]

Répercussions

Cette discussion a comme répercussion importante de forcer l’examen des valeurs encadrant les systèmes de services de garde et d’éducation des jeunes enfants, et d’une manière démocratique, afin de l’inscrire dans le cadre de l’application de politiques démocratiques de l’éducation à la petite enfance qui reconnaît, comme l’explique Loris Malaguzzi, « [que la pédagogie est] toujours un discours politique, que nous en ayons conscience ou non. [...] Nous travaillons toujours avec un objectif politique. »35 Il ne suffit pas de se contenter de déterminer « ce qui fonctionne ». Il est aussi nécessaire d’examiner continuellement les buts de l’éducation, non seulement de se concentrer sur les capacités en littératie et les connaissances scientifiques nécessaires au développement de nos économies, mais aussi les valeurs et attitudes fondamentales dont nos enfants auront besoin pour soutenir des sociétés ouvertes, démocratiques et durables et pour participer à la résolution des crises contemporaines, qu’elles soient environnementales, politiques, sociales ou économiques. Cela signifie débuter avec une méthode politique et poser des questions avec un angle politique, telles que : quelle est votre image de l’enfant? Du parent? Des institutions de la petite enfance? Quelles sont les valeurs fondamentales de l’éducation? Cela implique également de faire des choix politiques avant de s’orienter vers les questions techniques : en d’autres termes, prioriser les objectifs plutôt que les méthodes d’application.

Références

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Pour citer cet article :

Moss P. Souscrire à la démocratie dans les services de garde et d’éducation des jeunes enfants. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Bennett J, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. https://www.enfant-encyclopedie.com/services-la-petite-enfance-education-et-accueil-des-jeunes-enfants/selon-experts/souscrire-la. Actualisé : Septembre 2021. Consulté le 18 octobre 2021.