Le comportement prosocial envers les membres de l’endogroupe et de l’exogroupe
1Avi Benozio, Ph.D., 2Gil Diesendruck, Ph.D.
1Département de Psychologie, The Hebrew University of Jerusalem, Israël, 2Département de Psychologie et Gonda Brain Research Center, Bar-Ilan University, Israël
, Éd. rév.
Introduction
De nos jours, les enfants grandissent dans des environnements sociaux composés d’individus issus de groupes culturels, linguistiques, ethniques et religieux divers. Les études révèlent que dès leur plus jeune âge, les enfants deviennent sensibles à ces distinctions sociales1-3 et qu’ils développent des attitudes biaisées4,5 et de solides croyances à leur égard.6,7 L’objectif du présent chapitre est de déterminer si le comportement des enfants est modulé par ces concepts d’appartenance à un groupe émergent.
Sujet
De récentes études portant sur le développement ont démontré que même des nourrissons âgés de 18 mois aident spontanément des étrangers à atteindre leurs objectifs, ce qui suggère que l’altruisme constituerait un biais naturel.8,9 La question que nous traitons ici est de savoir si les enfants adoptent un comportement prosocial envers tous, ou s’ils sont biaisés par leurs tendances prosociales qui visent à favoriser ceux qui leur sont similaires?
Problème
Les récits évolutionnistes suggèrent que plus la survie humaine reposait sur la coopération d’un grand groupe d’individus sans liens familiaux, plus des mécanismes qui favorisent la collaboration avec des personnes qui ne sont pas de leur famille ont évolué chez les individus.10-13 Dans ce contexte, posséder une prédisposition biaisée à adopter un comportement prosocial envers les membres de l’endogroupe aurait constitué un avantage évolutif. Un corollaire problématique dérivant potentiellement de la même pression évolutive établit que les humains auraient évolué selon une tendance à agir de manière antisociale envers les membres de l’exogroupe.14
Contexte de la recherche
Nous examinons la question portant sur la prosocialité biaisée des interactions entre nourrissons et jeunes enfants dans le cadre de, et en réaction à, divers contextes intergroupes; ces interactions se produisant entre des groupes conventionnels et de type nouveau.
Questions clés pour la recherche
Tôt dans le développement, la question associée à la prosocialité biaisée se divise en deux grandes problématiques. Premièrement, nous examinerons dans quelle mesure les jeunes enfants se comportent différemment selon qu’ils interagissent avec des membres de l’endogroupe ou des membres de l’exogroupe. Deuxièmement, nous étudierons les facteurs susceptibles d’expliquer ces différences, notamment l’identification sociale, les attentes en termes de réciprocité, la gestion de la réputation et les facteurs contextuels tels que le coût, la saillance du groupe et les contacts intergroupes.
Récents résultats de recherche
Comportement prosocial biaisé
Le comportement prosocial des enfants entre les groupes a été étudié dans plusieurs domaines, notamment le partage, l’aide et la régulation.
Le partage est généralement accompagné d’un coût individuel et il a été largement étudié. Les études qui utilisent des tâches de distribution des ressources montrent habituellement que les enfants tiennent compte des affiliations relationnelles, c’est-à-dire qu’ils ont une tendance à partager plus avec leurs amis qu’avec les inconnus15, plus avec les enfants de leur école qu’avec ceux d’une école différente16, et même avec des pairs assignés à des groupes de couleurs minimaux arbitraires17,18. On remarque que, dans les études sur les groupes arbitraires, les garçons font parfois preuve d’un important repli sur leur propre groupe. Ils donnent des ressources désirables aux membres de l’endogroupe pour améliorer leur bien-être et donnent les ressources indésirables aux membres des exogroupes, pour diminuer leur bien-être. Ces tendances précoces suggèrent que les enfants sont naturellement enclins à favoriser les membres de leur propre groupe, avant même d’en avoir beaucoup appris sur les catégories sociales.5 Toutefois, l’ampleur et l’expression de cette prédisposition dans des contextes concrets, tels que par la distinction ethnique, sont très sensibles aux écologies sociales des enfants et à la qualité des relations intergroupes régulières des enfants.19 Cette sensibilité illustre que les tendances au repli sur son propre groupe ne sont pas figées, mais sont, dans une certaine mesure, influencées par les environnements quotidiens des enfants.
L’aide. L’aide compte parmi les formes de comportements prosociaux les plus étudiées. Cependant, la façon dont l’aide varie en fonction de l’appartenance à un groupe a moins été étudiée.20,21 Il a été montré qu’en contexte réel, les enfants blancs aident plus volontiers les adultes blancs22 et que les enfants sont plus désireux d’aider les membres de leur groupe d’amis que ceux qui ne font pas partie du groupe23. Au contraire, dans les paradigmes où les groupes sont minimes, l’aide est offerte avec pas ou peu d’avantage pour l’endogroupe. Les enfants aident fréquemment les pairs de l’endogroupe et de l’exogroupe.24,25 Même s’ils ont des attitudes plus négatives envers les membres des exogroupes, les enfants aident parfois plus les membres de ces exogroupes, surtout s’ils perçoivent l’exogroupe comme étant moins compétent ou ayant plus de besoins. Cela suggère que le contenu de stéréotypes spécifiques peut contribuer à orienter des comportements prosociaux vers les membres de l’exogroupe.26,27 Ainsi, ce domaine souligne le rôle de l’équité chez les enfants et de leur préoccupation avec les besoins dans la modération des biais de l’endogroupe.
La régulation. Les comportements prosociaux ne se limitent pas au partage et à l’aide. Ils concernent aussi la façon dont les enfants veillent à l’équité et gèrent les normes morales dans et au sein des groupes. Dans ces contextes, les enfants régulent leur propre comportement et celui des autres par des moyens influencés par le groupe, surtout lorsque les obligations de loyauté entrent en conflit avec des règles morales. Lorsqu’ils sont confrontés au dilemme du « lanceur d’alerte », les enfants de 5 ans dénoncent les légères transgressions commises par les membres de leur groupe comme de l’exogroupe. Toutefois, ils deviennent bien moins susceptibles d’exposer les membres de l’endogroupe lorsque la transgression est grave. Cela indique que la loyauté prend le pas sur les questions de justice lorsque la réputation du groupe est menacée.28 De la même façon, les enfants peuvent renoncer à des récompenses pour protéger un secret partagé par des enfants de leur groupe, mais ils voudront plus facilement révéler les secrets des enfants d’un autre groupe.29 À la fin de l’enfance, ils disent même des mensonges prosociaux pour protéger ou avantager les pairs de l’endogroupe, et jugent qu’une malhonnêteté de cette nature est plus acceptable lorsqu’elle bénéficie à l’endogroupe.30 Enfin, lorsqu’une figure d’autorité (comme un enseignant ou une enseignante) permettait explicitement de retenir des ressources, les garçons étaient relativement réticents à agir contre leurs pairs de l’endogroupe, mais ont aisément appliqué cette permission pour désavantager les membres de l’exogroupe. Cela suggère que l’approbation formelle amplifie le biais de repli sur soi.31 Ensemble, ces résultats révèlent que l’autorégulation des enfants et leur application des normes sont stratégiquement liées à la protection de l’endogroupe, en équilibrant l’équité et l’honnêteté avec un engagement motivé à faire preuve de loyauté envers leur groupe.
Pour résumer, l’appartenance à un groupe influence la façon dont les enfants font preuve de comportements prosociaux au sein et en dehors des limites sociales. La force et les biais varient selon les domaines et les contextes. De récentes observations du développement avancent ainsi que les enfants traitent les limites des groupes comme des limites morales, ce qui influence quels individus sont perçus comme méritant de recevoir de l’aide, d’être inclus et d’être traités équitablement.32
Explications possibles du comportement prosocial biaisé
Identification sociale : L’ampleur avec laquelle les enfants s’identifient à un groupe social influence à la fois leurs attitudes et leur volonté à agir de manière prosociale envers ses membres.9,33,34 Un précurseur clé du comportement prosocial est l’identification d’un besoin chez une autre personne et la réponse affective positive que les actions d’un individu peuvent avoir sur un autre. Cela est généralement caractérisé comme de l’empathie.35 En fait, les enfants de 8 ans qui s’identifient fortement avec leur endogroupe ont montré un biais empathique plus fort; ils se sentent plus tristes lorsque des membres de leur groupe vivent des événements négatifs que lorsque des membres de l’exogroupe en vivent.36 Dans le même sens, lorsqu’un sens de compréhension empathique est introduit pour une expérience, les enfants démontrent des intentions égales d’aider les deux groupes, peu importe le niveau de compétence de l’individu qui recevra l’aide ou des propres compétences de prise de perspective de l’enfant.23 Une manipulation différente, comme mettre en avant une identité commune, a réduit les attitudes négatives entre les groupes parmi des enfants juifs et arabes. En contraste, lorsqu’on a mis l’accent sur les identités de l’endogroupe et de l’exogroupe, l’effet a été différent : la majorité (juive) et la minorité (arabe) des enfants ont répondu différemment lorsque les limites des groupes avaient été soulignées.37 De manière générale, les résultats indiquent que les attitudes entre les groupes dans l’enfance ont été influencées par la façon dont les identités sociales sont présentées.
Attentes en termes de réciprocité : Habituellement, lors des interactions interpersonnelles, l’amplitude selon laquelle un individu décide de collaborer avec un autre dépend d’un historique de réciprocité qui, lui-même, influence les attentes relatives aux échanges réciproques ultérieurs.10,38,39 Il a été suggéré que l’appartenance à un groupe peut servir de raccourci pour un tel historique, et de catalyseur de prosocialité; dans la mesure où l’on présuppose une réciprocité entre les membres de l’endogroupe, même en l’absence de rencontre antérieure.40,41 Par conséquent, des enfants de 5 ans attendent des membres de l’endogroupe qu’ils partagent avec eux par comparaison à des membres de l’exogroupe.42 Les individus de 5 à 13 ans se sentent plus obligés d’aider les membres de l’endogroupe défini sur un plan racial que ceux de l’exogroupe.43 Toutefois, des recherches récentes soulignent des conditions limites importantes. Lorsque la réciprocité implique un risque réel, par exemple dans un jeu d’économie fondé sur la confiance, les jeunes enfants ne montrent parfois aucun biais favorable à l’endogroupe et font autant confiance aux partenaires de l’endogroupe que de l’exogroupe pour faire des investissements réciproques ou agir avec générosité, en montrant toutefois des préférences claires pour l’endogroupe dans leurs évaluations sociales.44 De plus, bien que les enfants attendent des membres du groupe qu’ils adhèrent aux normes collectives, ils approuvent les violations des normes qui sont injustes, par exemple lorsqu’elles désavantagent un autre groupe.45 En outre, plus ils se développent, plus ils évaluent les distributions égalitaires des ressources comme moralement supérieures au favoritisme au sein du groupe.46 Ensemble, ces résultats suggèrent que, bien que les attentes de réciprocité soutiennent initialement un comportement prosocial de repli sur soi, des préoccupations concernant l’équité et l’efficience de la coopération peuvent outrepasser les limites du groupe, surtout lorsque les enfants font face à une réelle incertitude ou à des compromis d’ordre moral.
Gestion de la réputation : Les préoccupations liées à la réputation sont également considérées comme des forces directrices nécessaires au maintien de la cohésion du groupe et de la fidélité envers le groupe.40 Des études récentes suggèrent que les actes prosociaux des enfants seraient davantage dirigés par les préoccupations liées à la réputation que l’attachement à la loyauté.47 Notamment, les enfants semblent être particulièrement préoccupés par l’évaluation de leur réputation par les membres de l’endogroupe, et agissent par conséquent plus généreusement lors d’un jeu de distribution des ressources lorsqu’ils sont observés par un membre de l’endogroupe comparativement à un membre de l’exogroupe.48,49
Lacunes de la recherche
Bien que les recherches récentes aient fait d’importants progrès, plusieurs lacunes persistent pour comprendre comment l’appartenance à un groupe façonne les comportements prosociaux des jeunes enfants. Les futurs travaux doivent commencer par examiner une plus large gamme de groupes sociaux. Les enfants interagissent avec des groupes présentant de nombreuses différences : des proches et des inconnus, des personnes significatives ou moins significatives, perçues positivement ou négativement, et des groupes perçus comme fixes et « naturels » et d’autres perçus comme flexibles. Afin de mieux comprendre comment ces distinctions façonnent les comportements, il sera important d’étudier plus directement les comportements prosociaux envers des groupes réels, tels que les groupes raciaux et ethniques.19 Beaucoup des preuves actuelles proviennent de sociétés industrialisées de l’Ouest. Deuxièmement, il sera essentiel de mener des études avec des enfants de contextes culturels divers, qui accordent de la valeur au groupe, à l’équité, à la réputation et à la coopération de façons différentes. Cela permettra de comprendre quels schémas sont universels et lesquels dépendent des normes sociales.50 La plupart du travail sur le développement se concentrait sur les tâches de partage. Troisièmement, une vue d’ensemble plus complète nécessite d’étudier plusieurs types d’actions prosociales, comme l’aide, la coopération pour atteindre des objectifs communs et l’application de règles de façons qui sont pertinentes pour le groupe. Enfin, des comparaisons systématiques sur plusieurs groupes d’âge sont nécessaires pour clarifier comment les biais évoluent au fil du développement et comment les prédispositions interagissent avec les expériences des enfants dans leurs familles, leurs écoles et leurs communautés. Ensemble, ces directions contribueront à expliquer non seulement quand les biais de groupe émergent, mais aussi comment on peut les réduire.
Conclusions
Des questions persistent, mais on comprend de mieux en mieux la prosocialité des jeunes enfants dans les contextes entre les groupes. Dès leur jeune âge, les enfants ne traitent pas tous les autres individus de façon égale. Ils sont souvent plus généreux envers les membres de leur propre groupe, même lorsque les limites du groupe sont récentes. Parfois, ils se comportent de façon injuste envers les enfants des autres groupes. En ce sens, les enfants ne sont pas simplement égoïstes, ils sont tournés vers leur groupe. Plusieurs processus du développement contribuent à ces tendances, notamment un sens croissant d’appartenance des enfants aux groupes sociaux, leurs croyances sur qui sera en mesure de réciproquer leurs faveurs et leurs préoccupations sur la façon dont les autres les perçoivent. En même temps, les préoccupations des enfants pour l’équité et les réponses aux besoins des autres peuvent limiter ou dépasser les préférences du groupe. Bien que des biais si précoces soient cohérents avec les perspectives de l’évolution sur la coopération humaine, les environnements culturels jouent un rôle crucial dans le renforcement ou la réduction de ces tendances. Les sociétés définissent quelles distinctions de groupes comptent, à quel point la loyauté est importante et ce qui compte comme un comportement équitable ou coopératif. Ainsi, les biais prosociaux des enfants ne sont pas fixes, mais se développent en réponse aux mondes sociaux dans lesquels ils vivent.
Implications pour les parents, les services et les politiques
Bien entendu, les enfants ne sont pas totalement naïfs à propos de leur environnement social. Au contraire, dès un âge relativement jeune, ils reconnaissent l’existence de différents groupes sociaux et développent des attitudes et des croyances profondes au sujet de ces groupes. De façon plus critique dans une perspective pratique, ces concepts sociaux entraînent des conséquences directes sur les façons dont les enfants interagissent avec les autres. Une des implications du portrait des enfants dressé ci-dessus pour les éducateurs, est que, si nous laissons les enfants comprendre par eux-mêmes le monde social, ils finiraient par développer des dispositions relativement discriminatoires et biaisées. En d’autres mots, les éducateurs doivent s’engager activement à faire dévier les enfants de ces biais prédisposés. Une seconde implication importante est que, par la compréhension des motifs sous-jacents qui alimentent ces biais, nous serions en mesure de planifier de meilleures interventions. Plus particulièrement, la redéfinition des groupes sociaux qui inclurait « les autres » pourrait conduire à l’application des processus d’identification sociale, des attentes en termes de réciprocité et de réputation, dans un cercle social beaucoup plus large.
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Pour citer cet article :
Benozio A, Diesendruck G. Le comportement prosocial envers les membres de l’endogroupe et de l’exogroupe . Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Knafo-Noam A, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. https://www.enfant-encyclopedie.com/comportement-prosocial/selon-experts/le-comportement-prosocial-envers-les-membres-de-lendogroupe-et. Actualisé : Janvier 2026. Consulté le 5 février 2026.
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