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Est-ce important?

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) estiment que 100 millions d’enfants reçoivent au moins les vaccins de base, ce qui permet de sauver environ 2,5 millions de vies chaque année. Si tous les jeunes enfants étaient vaccinés, il serait possible de sauver deux millions de vies supplémentaires. De plus, la vaccination réduit les demandes du système de soins de santé et permet d’éviter les complications neurologiques liées aux maladies comme la rougeole, les oreillons, la rubéole et même la varicelle. Les vaccins sont administrés aux enfants pendant une période où les changements développementaux sont rapides. C’est également pendant la petite enfance que les effets secondaires neurologiques et les syndromes comportementaux sont détectés. Puisque les troubles neurologiques sont souvent diagnostiqués peu après que les enfants ont été vaccinés, plusieurs parents et professionnels de la santé craignent que les vaccins aient entraîné ces problèmes développementaux. Cette inquiétude et plusieurs autres ont donné lieu à de nombreuses recherches portant sur les effets secondaires possibles des vaccins et sur les autres causes des problèmes neurologiques et comportementaux chez les jeunes enfants. Selon cette recherche en cours, le présumé lien qui existait entre la vaccination et l’autisme est désormais considéré comme réfuté et nous savons maintenant que presque tous les troubles neurologiques qui étaient liés aux vaccins découlent en fait d’autres causes. Selon le consensus scientifique actuel, les vaccins font partie des produits pharmacologiques les plus sécuritaires, leurs effets secondaires sont presque toujours modérés et leurs avantages sont beaucoup plus grands que le tort qu’ils pourraient causer.

Que savons-nous?

Conséquences des maladies pouvant être prévenues par un vaccin

En l’absence d’une vaccination à grande échelle, les maladies très infectieuses comme la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle touchent presque tous les enfants. Bien que ces infections soient généralement bénignes et disparaissent rapidement sans traitement particulier, un nombre considérable d’enfants infectés développeront des complications nécessitant une hospitalisation. Les complications nuisent souvent au système nerveux central et comprennent les poussées fébriles et les encéphalites, une inflammation aiguë du cerveau qui peut entraîner des blessures cérébrales permanentes. Par exemple, 1 personne sur 25 à 30 personnes souffrant de la rougeole développera des poussées fébriles et 1 personne sur 1 000, une encéphalite. Dans une population comptant des millions d’individus, ces chiffres représentent des milliers d’enfants souffrant de lésions cérébrales résiduelles, des retards de développement et des poussées fébriles continues. Les complications liées aux oreillons peuvent entraîner la surdité et la rubéole peut avoir des conséquences dévastatrices chez les bébés nés après avoir été infectés dans l’utérus, comme une malformation du cerveau, la cécité, la surdité et des poussées fébriles. La varicelle peut également entraîner une lésion du système nerveux central comportant des conséquences à long terme. Un certain nombre de virus et de bactéries peuvent occasionner une inflammation des méninges, la membrane qui protège le cerveau, ce qui pourrait aussi entraîner des dommages cérébraux permanents. La coqueluche (toux coquelucheuse) peut parfois dégénérer en une encéphalopathie, probablement parce que de longues quintes de toux peuvent nuire à l’oxygénation du cerveau. La plupart de ces maladies frappent de moins en moins souvent en Amérique du Nord et en Europe puisque la vaccination est pratiquée à grande échelle, mais elles se manifestent fréquemment ailleurs dans le monde, à un vol d’avion près.

Les vaccins peuvent-ils être dangereux?

Certains parents craignent que vacciner des enfants en santé puisse être dangereux. Les programmes de surveillance des effets secondaires signalés suivant la vaccination ont été mis sur pied pour répondre à cette question. Quand un effet secondaire suivant la vaccination est signalé, il peut venir de plusieurs causes (à savoir, du vaccin, d’une utilisation inappropriée du vaccin ou d’une cause entièrement indépendante). Les effets secondaires les plus souvent liés aux vaccins sont la fièvre et les poussées fébriles. Par exemple, environ 5 % des enfants feront de la fièvre après avoir reçu le vaccin associé rougeole-oreillons-rubéole (ROR). La fièvre sera assez forte pour déclencher une poussée fébrile chez environ 1 enfant sur 3 000 enfants, notamment chez ceux ayant des antécédents familiaux. Les poussées fébriles font peur aux parents qui en sont témoins, mais heureusement, elles n’ont généralement pas d’effets durables. Certains enfants présentant une immunodéficience préexistante ont souffert d’une encéphalite suivant l’administration du vaccin associé ROR, ce qui veut dire que les enfants dont le système immunitaire est affaibli ne devraient pas recevoir de vaccins comme le vaccin associé ROR qui contient des virus vivants.

En fait, une autre cause explique la plupart des troubles neurologiques précédemment attribués aux vaccins. Certains enfants qui semblaient avoir développé un trouble neurologique à la suite de l’administration du vaccin contre la coqueluche souffraient d’une mutation génétique rare liée à un type d’épilepsie infantile appelée syndrome de Dravet. Tout au plus, le vaccin peut avoir précipité le début inévitable de la maladie. Par conséquent, nous savons que les maladies pouvant être prévenues par un vaccin ont des conséquences graves, tandis que les conséquences qu’entraînent les vaccins sont rares et presque toujours bénignes.

La science ne montre aucun lien entre l’autisme et le vaccin associé ROR, ce qui devrait rassurer les parents concernés. La recherche scientifique a également démontré qu’il n’existait pas de lien entre les vaccins contre la coqueluche et les encéphalopathies. Toutefois, le vaccin associé ROR et les autres vaccins continuent de faire peur et, récemment, le refus de la vaccination a entraîné des éruptions de rougeole aux États-Unis, touchant surtout les personnes non vaccinées.

Que peut-on faire?

Les professionnels de la santé connaissent bien les complications graves qu’entraînent les maladies pouvant être prévenues par un vaccin. Toutefois, étant donné que l’incidence de ces maladies a considérablement chuté dans plusieurs pays à la suite de la mise en place de programmes de vaccination à grande échelle, les parents ne connaissent pas toujours leurs conséquences potentielles. Quand les maladies sont très courantes, elles font plus peur que le vaccin qui pourrait les prévenir. Quand les maladies sont rares, les parents ont plus tendance à craindre les effets secondaires des vaccins que les maladies en soi. Par conséquent, il est important de documenter les effets secondaires liés aux vaccins, de même que leurs avantages, d’étudier leurs risques potentiels et d’offrir aux parents de jeunes enfants des renseignements en matière de vaccination qui sont à jour, de qualité et axés sur la recherche.

Efforts continus pour assurer la sécurité des vaccins

Tous les vaccins subissent de nombreux tests avant d’être administrés au public. Tout de même, certains effets secondaires sont tellement rares (touchant moins de 1 patient sur 10 000 patients) qu’aucune étude préliminaire, aussi grande soit sa portée, ne peut les détecter. Pour cette raison, les autorités médicales doivent maintenir en place les structures nécessaires en matière de pharmacovigilance des vaccins. Pour assurer la sécurité des vaccins, tous les effets secondaires suivant la vaccination devraient être signalés, compilés et étudiés. La recherche en cours portant sur la sécurité des vaccins est également cruciale à l’établissement de lignes directrices visant à gérer et à administrer les vaccins.

Connaître la cause réelle des maladies se manifestant à la suite de la vaccination devrait rassurer les parents sur la poursuite du programme de vaccination de leur enfant. Cela permet également de s’assurer que l’enfant recevra les meilleurs soins qui soient. Les prochaines recherches devraient recueillir assez de données pour s’assurer que même les effets secondaires les plus rares soient signalés. La recherche devrait également étudier les facteurs, comme les facteurs génétiques, qui pourraient accroître le risque d’effets secondaires. 

Pour citer cet article :

Vaccination : Synthèse. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Scheifele DW, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/vaccination/synthese. Actualisé : Avril 2013. Consulté le 17 décembre 2017.