Retour aux publications récentes

Immigration, acculturation et pratiques parentales

1Marc H. Bornstein, Ph.D., 2Yvonne Bohr, Ph.D.

1Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development, National Institutes of Health, États-Unis, 2LaMarsh Centre for Child and Youth Research, Faculty of Health, York University, Canada

Juin 2011

Sujet

Plus de 200 millions de personnes partout dans le monde sont des migrants internationaux. Le processus d’immigration implique un déplacement qui a des effets importants sur la vie familiale, notamment en raison des changements culturels inhérents à la réinstallation. De nouvelles recherches sont axées sur les répercussions de l’immigration et de l’acculturation sur les pratiques parentales.

Introduction et contexte de la recherche

Les pratiques parentales constituent un nœud central dans le lien qui unit la culture et un développement humain adaptatif.

Les parents de chaque génération ont la tâche importante et continue d’assurer l’enculturation de la prochaine génération, c’est-à-dire de préparer les enfants à bien fonctionner dans des situations physiques, économiques et psychosociales propres à leur culture.1 L’adaptation optimale de l’enfant est assurée par des processus de socialisation qui impliquent l’enseignement de la culture. Les modèles de pratiques parentales propres à chaque culture créent des variations dans l’éducation des enfants qui peuvent être subtiles, mais qui sont toujours déterminantes en ce qui a trait au respect du cadre d’une société particulière et de ses besoins. Bien qu’on s’attende à ce que les parents de toutes les sociétés élèvent et protègent les jeunes enfants,2,3 la culture influence un large éventail de fonctions familiales, notamment les rôles, les modèles de prise de décision ainsi que les cognitions et les pratiques liées à l’éducation et au développement des enfants.4,5,6 Il est possible que les pratiques parentales soient soumises à des transformations complexes lorsque les familles émigrent d’une société pour aller s’installer dans une autre.

Questions clés pour la recherche

  • Dans quelle mesure la migration d’une culture vers une autre change-t-elle les cognitions et les pratiques parentales? 
  • Quels sont les défis uniques auxquels les parents immigrants font face en matière d’acculturation?
  • Comment l’immigration et l’acculturation affectent-elles les pratiques parentales et, par conséquent, le développement de l’enfant?

Résultats de recherche récents

Acculturation des parents

L’acculturation est nécessaire à l’immigration. Elle comporte des processus de changements culturels et psychologiques – par exemple, de coutumes, de langage et de valeurs – qui se produisent à la suite du contact entre deux ou plusieurs groupes culturels et leurs membres.7 L’immigration et l’acculturation sont des expériences de désorganisation et de réorganisation qui nécessitent une modification de l’identité sociale et de l’image de soi. Les immigrants doivent négocier avec de nouvelles cultures et apprendre à vivre dans plusieurs systèmes nouveaux et différents, souvent sans le soutien des réseaux sociaux qui leur sont familiers. L’acculturation nécessite d’ajuster les réponses dictées par nos scripts de vie bien enracinés de façon à compenser les différences culturelles et le bouleversement des rôles familiaux connus.

Les parents immigrants amènent de leur contexte culturel d’origine des modèles conceptuels de ce qu’est un bon parent et de ce qui constitue des stratégies adéquates d’éducation des enfants. Quand ils migrent dans une nouvelle culture, ils constatent que les agents de socialisation de la culture d’accueil, comme les autres parents, les enseignants et les professionnels, peuvent avoir d’autres conceptions de ce qu’est un bon parent et d’autres stratégies d’éducation des enfants.8 Dans de telles circonstances, la plupart des parents en acculturation sont amenés à devenir, jusqu’à un certain point, biculturels, en adoptant de façon simultanée des cognitions et des pratiques de la nouvelle culture tout en conservant celles de leur culture d’origine.9,10 Dans le cadre de leur acculturation, les parents immigrants doivent décider quelles cognitions et quelles pratiques ils désirent conserver de leur culture indigène, lesquelles ils veulent modifier et quelles nouvelles conventions ils souhaitent adopter. L’adaptation culturelle (le conformisme à la culture d’accueil) est souvent préférée dans le domaine public et le maintien de la culture (en ce qui a trait aux coutumes de l’ancienne culture) l’est généralement dans le domaine privé. Par exemple, les parents immigrants turcs et marocains des PaysBas accordent une plus grande importance au maintien de la culture à la maison et dans le contexte familial, mais considèrent l’adaptation plus importante dans les situations de travail.11

Les recherches montrent que les immigrants n’acceptent pas toujours facilement les cognitions de la culture d’accueil et que les croyances et les normes parentales qui sont importantes sur le plan culturel ont tendance à résister aux changements.12,13 Par exemple, les parents immigrants canadiens d’origine chinoise permettent aux grands-parents de prendre soin de leurs enfants, ce à quoi on s’attend dans leur culture d’origine, mais le font malgré les difficultés émotives et la désapprobation vécues au sein de la culture d’accueil.14 Les pratiques parentales semblent généralement migrer plus aisément que les cognitions. Par exemple, les cognitions des mères japonaises immigrantes restent semblables aux cognitions des mères au Japon ou sont à mi-chemin entre les cognitions des mères japonaises et celles des mères américaines, alors que leurs pratiques parentales se modifient pour ressembler davantage à celles des mères américaines qu’à celles des mères japonaises.15,16,17,18 De plus, les différents groupes d’immigrants conservent ou adoptent de manière différente les cognitions et les pratiques propres à la culture.19 Ainsi, les mères immigrantes d’Amérique du Sud ont plus de cognitions et de pratiques en commun avec les mères américaines de leur culture d’accueil qu’avec les mères de leur culture d’origine.15,16

Autres défis pour les parents immigrants

Il est possible que les pratiques non conventionnelles des parents immigrants soient mal comprises, voire jugées par les membres du personnel des services d’éducation, de santé mentale et de protection de l’enfant qui ne connaissent pas bien la culture d’origine de la famille.20 Ces parents peuvent être régulièrement soumis à des évaluations fondées sur des construits et des méthodes de mesures propres à la culture d’accueil.21 En conséquence des contraintes systémiques sur leur capacité d’influencer leur nouvel environnement au nom de leurs enfants, par exemple quand vient le temps d’apprivoiser un système d’éducation qu’ils ne connaissent pas, les parents immigrants peuvent se sentir beaucoup moins efficaces dans leur rôle parental.22 Les parents qui ont de grands espoirs en ce qui a trait à l’avenir scolaire de leurs enfants, mais qui sont eux-mêmes peu éduqués, peuvent être moins à l’aise avec le système scolaire. Il se peut qu’ils ne soient pas en mesure d’aider leurs enfants avec leurs devoirs, qu’ils vivent des contraintes culturelles quant à la manière d’interagir avec les figures d’autorités du système d’éducation et qu’ils aient ainsi plus de difficulté à discuter avec les enseignants et les administrateurs.

En outre, les pairs et les écoles ont une grande influence sur la socialisation des jeunes et peuvent faire en sorte que les enfants deviennent acculturés plus rapidement que leurs parents.23 Comme les familles immigrantes composent avec deux cultures, de la tension et des conflits peuvent naître entre les parents, qui souhaitent inculquer leurs croyances traditionnelles à leur progéniture, et les enfants, qui souhaitent se faire accepter par les pairs de la culture d’accueil et se conformer à leurs mœurs.24

Dans le cadre de la migration, les parents vivent généralement des transformations profondes qui peuvent être compliquées par les périodes prolongées et potentiellement nuisibles au cours desquelles ils sont séparés de leurs enfants.25 L’éducation transnationale des enfants comporte des défis particuliers.26 Dans les cas où les séparations familiales ont eu lieu sur une période prolongée, des problèmes d’attachement ont été relevés : les enfants s’ennuient des personnes qui ont subvenu à leurs besoins pendant la séparation et ils évitent leurs parents biologiques, devenus étrangers, au moment de la réunification familiale. La déception, le stress et la dépression des parents qui résultent de cette situation sont communs, tout comme les difficultés à renouer des liens avec leurs enfants et à rétablir leur autorité. Les sentiments contradictoires et la culpabilité qu’éprouvent les parents qui se séparent de leurs enfants au cours de la migration sont justifiés.14 En effet, les enfants séparés de leurs parents sont plus susceptibles de rapporter des symptômes de dépression que les enfants qui n’en ont pas été séparés.27

Effet de l’immigration et de l’acculturation

Même si nous manquons de connaissances en ce qui concerne l’influence du statut d’immigrant et de l’acculturation sur les pratiques parentales auprès des jeunes enfants, les parents immigrants sont exposés à une foule de facteurs de stress acculturatifs et courent souvent un risque accru de vivre un stress lié à leur rôle de parent et d’autres difficultés sur le plan de la santé mentale.29,30 De plus, la migration amène souvent des problèmes d’adaptation chez les parents, un manque de temps passé avec leurs enfants et des barrières linguistiques qui peuvent perturber les relations entre les parents et les enfants.31,32 C’est ce que l’on appelle l’acculturation dissonante,33 « quand l’apprentissage de l’anglais et des mœurs américaines et la perte simultanée de la culture d’origine chez les enfants dépassent ceux de leurs parents ». L’acculturation dissonante mène souvent à une augmentation du nombre de conflits entre les parents et les enfants de familles immigrantes et pose des défis aux enfants sur le plan de l’adaptation.34,35,36

Lacunes de la recherche

L’étude de l’interaction entre l’immigration, l’acculturation et les pratiques parentales est encore jeune et présente de nombreuses lacunes, et des questions sont toujours sans réponse.

  • Existe-t-il des preuves concluantes qu’une acculturation efficace des parents à la culture d’accueil présente des avantages ou désavantages pour les enfants d’immigrants?
  • Si l’acculturation rapide est indiquée, les parents doivent-ils réorienter leurs cognitions avant leurs comportements pour qu’il y ait un changement dans les pratiques parentales?
  • Comment les parents immigrants vivent-ils le changement de leurs croyances et de leurs pratiques parentales?
  • Quelles raisons donnent-ils pour conserver ou abandonner les croyances et les pratiques parentales de leur culture d’origine?
  • Les cognitions et les pratiques de la culture d’origine des parents immigrants peuvent-elles être intégrées à leur nouvelle vie et jouer un rôle utile, du moins partiellement, au sein de la culture d’accueil?
  • Si oui, quelles adaptations (le cas échéant) pourraient être fonctionnelles?
  • Comment les cultures d’accueil peuvent-elles être plus ouvertes aux cognitions et aux pratiques issues de la culture d’origine des immigrants et les intégrer aux croyances populaires de la culture d’accueil sur le développement de l’enfant?

Conclusion

L’immigration et l’acculturation exercent des forces de transformation considérables sur les familles. Les parents immigrants souhaitent promouvoir le bon développement de leurs enfants en leur offrant un meilleur niveau de vie sur le plan  économique, une saine alimentation, un accès aux soins de santé, un environnement sécuritaire ainsi que des opportunités d’éducation et d’emploi. C’est la raison pour laquelle les parents font de gros sacrifices pour leurs enfants. Souvent, pour les parents, déménager sur un nouveau continent et adopter une nouvelle culture ne se fait pas sans grandes répercussions sur les plans financier, physique et psychologique.

Lorsque les parents migrent vers une nouvelle culture, ils gardent de leur culture d’origine une connaissance implicite de l’éducation des enfants et des objectifs pour le développement de leur progéniture, mais ils entrent également en contact avec de nouvelles cognitions implicites et de nouvelles pratiques explicites concernant l’éducation des enfants dans la culture d’accueil. L’acculturation oblige donc les parents à composer avec les cognitions et les pratiques parentales des deux cultures. La manière dont les gens s’acculturent, le degré auquel ils s’adaptent et leurs types d’adaptations présentent des différences individuelles et collectives importantes. Il est nécessaire d’effectuer davantage de recherches sur l’impact du statut d’immigrant et de l’acculturation sur les pratiques parentales et le développement de l’enfant.

Implications pour les parents, les services et les politiques

Étant donné que les parents qui immigrent pour améliorer le sort de leurs enfants peuvent faire face à des défis inattendus (dont beaucoup sont liés à l’acculturation) en ce qui concerne leur rôle de parent, il est nécessaire de mettre à la disposition des familles immigrantes des services de soutien communautaires adéquats. En plus des conflits intérieurs inhérents à la réinstallation et de la perte des réseaux sociaux existants, les parents migrants doivent également souvent composer avec l’évaluation critique de leurs pratiques traditionnelles que font des autorités bien intentionnées et leurs propres enfants. Les fournisseurs de services qui interviennent auprès des parents immigrants doivent trouver un juste équilibre entre le soutien à l’acculturation des familles et le respect des aspects importants de l’héritage culturel des parents. Les cliniciens devraient être conscients des limites des outils et des normes, largement issus de la culture occidentale nord-américaine et européenne, qui sont encore utilisés dans les domaines des pratiques parentales et du développement de l’enfant. Ils devraient avoir accès à des formations pour comprendre la signification des croyances et des pratiques parentales des cultures différentes de la culture dominante. Des efforts concertés sont nécessaires pour intégrer à la culture dominante, lorsqu’approprié, diverses pratiques parentales propres aux autres cultures, dont la plupart visent à donner aux enfants la meilleure des chances dans la vie. Enfin et surtout, les politiques d’immigration devraient faciliter la réunification des familles.

Remerciements

Cette recherche a obtenu l’appui de l’Intramural Research Program du NIH, du NICHD (Marc Bornstein) et du Centre of Excellence for Research in Immigration and Settlement (Yvonne Bohr). Nous remercions E. Stano et T. Taylor. Toute correspondance doit être adressée à : Marc H. Bornstein, Child and Family Research, Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development, National Institutes of Health, Suite 8030, 6705 Rockledge Drive, Bethesda MD 20892-7971, U.S.A. Courriel : Marc_H_Bornstein@nih.gov.

Références

  1. Morelli GA, Rothbaum F. Situating the child in context: Attachment relationships and self-regulation in different cultures. In: Kitayama S, Cohen D, eds. Handbook of cultural psychology. New York: Guilford Press; 2007: 500-527.
  2. Bornstein MH. Parenting infants. In: Bornstein MH, ed. Children and parenting. 2nd ed. Mahwah, NJ: Erlbaum; 2002: 3-43;Handbook of parenting; vol 1.
  3. Bornstein MH. Parenting science and practice. In: Sigel IE, Renninger KA, eds. Child psychology and practice. 6th ed.. New York, NY: Wiley; 2006: 893-949. Damon W, Lerner RM, gen eds. Handbook of child psychology; vol. 4.
  4. Benedict R. Continuities and discontinuities in cultural conditioning. Psychiatry 1938;1:161-167.
  5. Bornstein MH, Lansford JE. Parenting. In: Bornstein MH, ed. Handbook of cultural developmental science. New York, NY: Psychology Press; 2009:259-277.
  6. Whiting BB, ed. Six cultures: Studies of child rearing. New York, NY: Wiley; 1963.
  7. Redfield R, Linton R, Herskovits MJ. Memorandum for the study of acculturation. American Anthropologist 1936;38(1):149-152.
  8. Roer-Strier D. Reducing risk for children in changing cultural contexts: recommendations for intervention and training. Child Abuse and Neglect 2001;125(2):231-248.
  9. Chia A, Costigan CL. Understanding the multidimensionality of acculturation Among Chinese Canadians. Canadian Journal of Behavioural Science 2006;38(4):311-324.
  10. Ryder AG, Alden LE, Paulhus DL. Is acculturation unidimensional or bidimensional? A head-to-head comparison in the prediction of personality, self-identity, and adjustment. Journal of Personality and Social Psychology 2000;79(1):49-65.
  11. Phalet K, Swyngedouw M. A cross-cultural analysis of immigrant and host values and acculturation orientations. In: Vinken H, Esther P, eds. Comparing cultures. Leiden, Holland: Brill; 2003:185-212.
  12. LeVine RA. Human parental care: Universal goals, cultural strategies, individual behavior. In: LeVine RA, Miller PM, eds. Parental behavior in diverse societies. New directions for child development. No 40. San Francisco, CA: Jossey-Bass; 1988:3-12.
  13. Ngo PYL, Malz TA. Cross-cultural and cross-generational differences in Asian Americans’ cultural and familial systems and their impact on academic striving. In: McCubbin HI, Thompson EA, eds: Resiliency in Native American and immigrant families. Thousand Oaks, CA: Sage; 1998:265-274. Resiliency in family series; vol 2.
  14. Bohr Y, Tse C. Satellite babies in transnational families: A study of parents’ decision to separate from their infants. Infant Mental Health Journal 2009;30(3):1-22.
  15. Bornstein MH, Cote LR. Mother-infant interaction and acculturation: I. Behavioural comparisons in Japanese American and South American families. International Journal of Behavioral Development 2001;25(6):549-563.
  16. Bornstein MH, Cote LR. Mothers-parenting cognitions in cultures of origin, acculturating cultures, and cultures of destination. Child Development 2004;75(1):221-235.
  17. Cote LR, Bornstein MH. Social and didactic parenting behaviors and beliefs among Japanese American and South American mothers of infants. Infancy 2000;1(3):363-374.
  18. Cote LR, Bornstein MH. Mother-infant interaction and acculturation: II. Behavioural coherence and correspondence in Japanese American and South American families. International Journal of Behavioral Development 2001;25(6):564-576.
  19. Lin CC, Fu VR. A comparison of child-rearing practices among Chinese, immigrant Chinese, and Caucasian-American parents. Child Development 1990;61(2):429-433.
  20. Levesque RJR. Cultural evidence, child maltreatment, and the law. Child Maltreatment 2000;5(2):146-160.
  21. Kelley ML, Tseng H. Cultural differences in child rearing: A comparison of immigrant Chinese and Caucasian American mothers. Journal of Cross-Cultural Psychology 1992;23(4):444-455.
  22. Falicov CJ. Working with transnational immigrants: Expanding meanings of family, community, and culture. Family Process 2007;46(2):157-171.
  23. Birman D, Poff M. Intergenerational differences in acculturation. Bornstein MH, topic ed. In: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Encyclopedia on Early Childhood Development [online]. Montreal, Quebec: Centre of Excellence for Early Childhood Development; 2011:1-8. Disponible sur le site: http://www.child-encyclopedia.com/documents/Birman-PoffANGxp1.pdf. Page consultée le 3 juin 2011.
  24. McQueen A, Getz JG, Bray JH. Acculturation, substance use, and deviant behavior: Examining separation and family conflict as mediators. Child Development 2003;74(6):1737-1750.
  25. Bohr Y. Transnational infancy: a new context for attachment and the need for better models. Child Development Perspectives 2010;4(3):189-196.
  26. Levitt P. The transnational villagers. Berkeley, CA: University of California Press; 2001.
  27. Suarez-Orozco C, Todorova ILG, Louie J. Making up for lost time: The experience of separation and reunification among immigrant families. Family Process 2002;41(4):625-643.
  28. Xu Y, Farver JAM, Zhang Z, Zeng O, Yu L, Cai B. Mainland Chinese parenting styles and parent-child interaction. International Journal of Behavioral Development 2005;29(6):524-531.
  29. Berry JW. Acculturation: Living successfully in two cultures. InternationalJournal of Intercultural Relations 2005;29(6):697-712.
  30. Farver JAM, Lee-Shin Y. Acculturation and Korean_American children's social and play behavior. Social Development 2000;9(3):316-336.
  31. Garcıa-Coll C, Magnuson K. The psychological experience of immigration: A developmental perspective. In:  Alan B, Crouter AC, Landale N, eds. Immigration and the family. Mahwah, NJ: Lawrence Erlbaum; 1997: 91-132.
  32. Qin DB. Our child doesn’t talk to us anymore: Alienation in immigrant Chinese families. Anthropology and Education Quarterly 2006;37(2):162-179.
  33. Portes A, Rumbaut R. 2001 legacies: The story of the second generation. Berkeley, CA: University of California Press; 2001.
  34. Chan S, Leong C Chinese families in transition: Cultural conflicts and adjustment problems. Journal of Social Distress and the Homeless 1994;3:263-281.
  35. Uba L. Asian Americans: Personality patterns, identity, and mental health. 1st ed. New York, NY: Guilford Press; 1994.
  36. Ying YW. Strengthening intergenerational/intercultural ties in migrant families: A new intervention for parents. Journal of Community Psychology 1999;27(1):89-96.

Pour citer cet article :

Bornstein MH, Bohr Y. Immigration, acculturation et pratiques parentales. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Bornstein MH, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/immigration/selon-experts/immigration-acculturation-et-pratiques-parentales. Publié : Juin 2011. Consulté le 14 octobre 2019.