Réforme de l'aide sociale


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 20 août 2008

Trois composantes politiques caractérisent la réforme des programmes d’aide sociale : les suppléments de revenus, les services d'emploi obligatoire et les limites dans le temps. La réforme n'a pas produit sur les enfants les effets dramatiques auxquels certains s'attendaient, pas plus que des effets positifs cohérents.

Les résultats pour les nourrissons et les jeunes enfants ne sont pas encore connus, bien que certains éléments indiquent que le travail à temps plein des mères a des conséquences négatives sur les enfants de moins de neuf mois. Les suppléments de revenus conçus pour augmenter l’emploi et les revenus ont entraîné de petits effets positifs sur le développement des enfants d’âge préscolaire et en âge de fréquenter l’école élémentaire. Ces résultats sont plus consistants pour ce qui est des tests sur la réussite scolaire et la cognition et les bienfaits constatés semblent se maintenir à long terme. Cependant, les programmes augmentant le niveau d'emploi des mères, mais pas le revenu, ont eu peu d'effets cohérents sur le développement cognitif et social des jeunes enfants.

Les effets des politiques d’aide sociale – surtout celles permettant des suppléments de revenus plus généreux – étaient plus prononcés pendant deux périodes de transition développementale : les chercheurs ont constaté des effets positifs chez les enfants passant de l’âge préscolaire à l’âge scolaire et des effets négatifs pour ceux passant de l’âge scolaire au début de l’adolescence. Les facteurs explicatifs possibles des résultats négatifs pour les adolescents sont des comportements parentaux plus sévères dus au stress des mères sur le marché du travail, le fait que les adolescents doivent s’occuper de leurs frères et sœurs et que les mères aient moins de temps pour superviser les adolescents.

De façon générale, les résultats des enfants pauvres ont très peu changé avec la réforme de l’aide sociale. Ces enfants continuent à moins participer à la vie scolaire et leur niveau de problèmes de comportement est plus élevé que celui des enfants mieux nantis, peu importe que leur mère reçoive de l’aide sociale ou non. Pourtant, les enfants d’âge préscolaire de parents qui viennent de quitter l’aide sociale obtiennent le taux le plus élevé de problèmes de comportement. Les enfants d'âge préscolaire et les adolescents des familles sanctionnées ayant quitté l’aide sociale manifestent aussi des résultats cognitifs et comportementaux problématiques. La situation maritale, le niveau de scolarité, l’état de santé mentale et physique ainsi que les pratiques parentales de la mère semblent expliquer la plupart des différences chez les groupes de prestataires d’aide sociale.

 

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