Prématurité


Que peut-on faire ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 8 juillet 2008

Bien que la meilleure façon de diminuer la morbidité développementale et physique attribuable à la prématurité soit de réduire le nombre de naissances avant terme, notre compréhension actuelle des causes de l’accouchement avant terme est trop limitée pour que cela soit envisageable. Cependant, plusieurs avenues prometteuses permettraient d’en atténuer les résultats négatifs.

Premièrement, ces enfants devraient naître, si possible, dans un hôpital équipé pour traiter la mère et le bébé, afin qu’ils profitent de services de santé de qualité et qu’ainsi, le risque de complications soit réduit. Deuxièmement, une attention continue dans l'unité de soins intensifs est nécessaire afin de favoriser le développement physique et psychologique normal, en s’assurant par exemple que le bébé n’est pas surexposé à des bruits importants ou à une lumière intense. Enfin, une attention continue est également nécessaire afin de déterminer des mesures de soutien adéquates pour la famille pendant et après le séjour du bébé en unité de soins néonatals intensifs.

Deux des interventions centrées sur la famille sur lesquelles ont été effectuées le plus de recherches concernant les bébés prématurés sont le Newborn Individualized Developmental Care and Assessment Program (NIDCAP), qui commence à la naissance et se termine à la sortie de l'hôpital et le Infant Health and Development Program (IHDP) qui commence à la sortie de l'hôpital et se termine lorsque l'enfant atteint l’âge de trois ans.

L'objectif du NIDCAP est de prévenir une surcharge et une douleur sensorielles inattendues et de miser sur les forces et l’acquisition de compétences. La démarche est centrée sur une lecture détaillée des signes comportementaux individuels de chaque nourrisson. Les observations formalisées et répétées de la réaction du nourrisson à différents types de stimulus (p. ex. les soins) aident les donneurs de soins à effectuer des ajustements appropriés et continus. L’environnement et les soins sont adaptés afin d’améliorer les forces et l’autorégulation de chaque nourrisson en collaboration avec lui et ses parents, qui sont les principaux éducateurs au quotidien et qui l’aident à bâtir sa confiance.

Le programme a montré des effets positifs sur les indices de santé du bébé, certaines études ayant en effet révélé une amélioration des fonctions pulmonaires, du comportement alimentaire et de la croissance, ainsi que des séjours hospitaliers plus courts. On a aussi rapporté des effets positifs sur la cognition et le comportement, ainsi que sur la structure du cerveau qui est encore en développement à cet âge. Étant donné qu’il contribue à réduire le stress parental et qu’il améliore les compétences des parents, le NIDCAP est aussi susceptible de favoriser des relations mère-enfant plus fonctionnelles et de meilleures conduites parentales. Ceci peut avoir des répercussions sur le cerveau en développement et peut améliorer plus tard dans l’enfance le développement cognitif, moteur, comportemental et psychosocial de l'enfant. Les essais aléatoires contrôlés sur le NIDCAP devraient se concentrer sur l’évaluation de ces résultats.

Cependant, l'introduction du NIDCAP n'est pas un processus simple. Il suppose au contraire un investissement considérable à tous les niveaux de l'organisation, que ce soit des changements physiques dans l'unité de soins néonataux intensifs ou d’importants efforts éducatifs et des changements dans la pratique de soins. De plus, la complexité de l’intervention rend difficile l’élaboration d’un devis expérimental optimal pour évaluer le programme.

L’Infant Health and Development Program (IHDP) est un essai clinique aléatoire et multi site effectué aux États-Unis à la fin des années 1980 visant la réduction des problèmes développementaux chez les prématurés. L’IHDP cherchait à améliorer les ressources parentales des familles et l'état développemental des nourrissons en offrant des services pédiatriques, éducatifs et de soutien à la famille (p. ex. des visites à domicile, des programmes éducatifs, des groupes de soutien pour les parents). En enseignant la stimulation développementale et les habiletés d’interaction appropriées, l’objectif du programme était de maximiser les interactions sociales positives entre l'enfant et son environnement de soins au cours des trois premières années de la vie.

À l’âge de trois ans, soit à la fin de l’intervention, les résultats indiquaient que l’IHDP réussissait à améliorer le développement cognitif et comportemental, surtout pour les enfants dont le poids était le plus élevé (ceux qui pesaient entre 2 001 et 2 500 grammes à la naissance) et ceux dont le risque socioéconomique était le plus élevé. On a observé moins de problèmes de comportement, plus d’interactions prosociales et d’interactions entre la mère et l'enfant, ainsi que de meilleures conduites parentales. Les effets semblent s’être atténués vers l’âge de cinq et huit ans, mais cela pourrait être attribuable au fait que les familles vivant dans la pauvreté étaient incapables de maintenir les soutiens environnementaux enrichis nécessaires.
 
Il est improbable qu’une seule intervention suffise pour « immuniser » un enfant de façon permanente contre tous les risques futurs. L’action combinée et l’interaction de multiples facteurs – biologiques et socio-environnementaux – doivent être prises en compte. La recherche suggère qu’il est nécessaire d’instaurer un continuum de soutien qui se préoccupe du développement de l’enfant de la naissance à l’adolescence.

 

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