Pleurs


Que savons-nous ?

(Synthèse des textes d'experts)

Tous les nourrissons pleurent, mais la plupart des pleurs sont inexpliqués. Les raisons communément attribuées aux pleurs du nourrisson sont la douleur, la faim, la colère et l’ennui. Les pleurs excessifs inexpliqués qui se produisent chez des nourrissons par ailleurs en santé au cours des trois premiers mois de la vie sont souvent appelés « colique infantile ». Selon les définitions, on prétend que la colique affecte environ 10 à 20 % des bébés de cet âge. Une caractéristique fondamentale est que le niveau de pleurs a tendance à suivre un modèle de courbe croissante  au cours des deux premiers mois de la vie pour atteindre un niveau maximal à environ six semaines, et généralement décroître vers le quatrième ou cinquième mois. Cependant, ce modèle se retrouve chez tous les nourrissons, que leur niveau de pleurs soit jugé « excessif » ou pas, et est reconnu désormais comme étant la « courbe normale des pleurs ». Pendant cette période, des épisodes de pleurs intenses peuvent survenir sans raison apparente, les pleurs sont difficiles à apaiser et durent en moyenne entre 35 et 40 minutes mais peuvent aller jusqu’à deux  heures. En général, ils se produisent en  fin d’après-midi ou le soir.

On dit souvent que les nourrissons dont les crises d’agitation persistent tout au long de la prime enfance ou empirent après le quatrième mois ont un caractère difficile. Il peut être ardu de distinguer les pleurs liés aux coliques infantiles de celles associées à un caractère difficile. La différence fondamentale est que dans le cas des coliques, les crises diminuent avec le temps, alors que chez les nourrissons dont le tempérament est difficile, l’agitation dure pendant toute la prime enfance et même après. On peut parfois modifier les pleurs dus au tempérament difficile mais ce tempérament demeure souvent stable au cours de la vie car il est lié à la constitution et est  héréditaire.

Conséquences positives :
Les pleurs excessifs au cours des premiers mois de la vie peuvent être source de  frustration et de stress au sein de la famille. Cependant, il y a des conséquences positives associées aux pleurs. L’une d’elles est que les pleurs permettent aux nourrissons de bâtir des relations intimes avec les personnes qui répondent le mieux à leurs besoins. Ainsi, les pleurs seraient essentiels à la formation d’un lien affectif ou de « l’attachement » avec un donneur de soins particulier.

Conséquences négatives :
Plusieurs études sur les nourrissons souffrant de coliques ont montré de façon convaincante qu’ils n’avaient pas de problèmes à long terme. La plupart des parents ne manifestent pas de conséquences négatives, sauf parfois un manque de confiance persistant dans leur capacité à prendre soin de leur enfant, et une plus grande tendance à penser que leur nourrisson est « vulnérable ». Cependant, les nourrissons dont le tempérament est difficile sont plus susceptibles de vivre des différences à long terme. Ceux qui sont agités et difficiles à apaiser courent plus de risque  que les autres d’avoir  des problèmes de comportement au préscolaire,  des difficultés d’adaptation à l’adolescence ou des comportements agressifs et des difficultés d’attention.

La dépression maternelle peut influer sur la façon dont la mère interprète les pleurs. Quand ils se produisent en même temps, la dépression maternelle et la colique ou les pleurs importants peuvent compromettre les interactions parent-nourrisson, les relations, et même le développement de l’enfant. La dépression maternelle a une influence négative sur certains aspects du développement et du comportement du nourrisson. Cela s’applique particulièrement aux difficultés d’apaisement, à l’irritabilité et aux pleurs.

Les pleurs hyperphoniques ou aigus du nourrisson peuvent être causés par une grande variété d’agressions neurocomportementales, y compris les dommages au cerveau, la malnutrition, l’asphyxie, la consommation prénatale de drogue chez la mère, la prématurité et le faible poids à la naissance. Les pleurs aigus du nourrisson qui présente des facteurs de risques prénataux peuvent générer des réponses de la part des donneurs de soins qui améliorent ou font empirer l’état du nourrisson à risque. Dans les foyers où les parents sont moins sensibles, les nourrissons peuvent avoir un QI moins élevé, un tempérament plus renfermé et des interactions de moins bonne qualité avec leur mère.

Les conséquences les plus graves pour un nourrisson aux pleurs  inconsolables sont la négligence et la violence caractérisée, surtout le syndrome du bébé secoué, qui se traduit parfois par des dommages au cerveau ou qui peut même entraîner la mort.

 

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