Obésité


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 29 août 2008

Les caractéristiques de l’enfant et les facteurs liés à ses parents et à son environnement familial influencent l’apparition du surpoids et de l’obésité dans les premières années de la vie. L’obésité pendant l’enfance s’installe quand le système d’autorégulation du corps ne réussit pas à moduler les influences environnementales en fonction des antécédents génétiques de la personne. Les modifications en matière de nutrition et de style de vie sont probablement les principaux responsables de l’épidémie actuelle d’obésité, car le patrimoine génétique ne peut se modifier en moins d’une génération.

L’obésité résulte d’un déséquilibre entre l’apport et la dépense d’énergie. Les principales causes en sont une activité physique réduite et une consommation alimentaire accrue (principalement en aliments riches en graisse et à haute teneur énergétique comme les collations, les boissons avec sucre ajouté et les produits de restauration rapide). Chez les jeunes enfants, le niveau d’activité physique inférieur aux 60 minutes recommandées par jour et le temps excessif passé à regarder la télévision (plus de deux heures par jour) sont susceptibles d’avoir des effets négatifs sur la santé cardiovasculaire et sur celle des os, voire même sur le fonctionnement cognitif, ainsi que sur le développement social et affectif.

Les facteurs prénataux qui peuvent entraîner une surcharge pondérale chez les enfants de la naissance à cinq ans comprennent le tabagisme maternel, le diabète gestationnel et une surcharge pondérale chez la mère, avant et pendant la grossesse. L’allaitement pourrait néanmoins protéger les enfants contre l’obésité. Les mécanismes possibles de cet effet protecteur comprennent la programmation métabolique et l’apprentissage précoce de l’autorégulation de la consommation alimentaire. Une autre explication possible est que l’allaitement influence le contrôle parental concernant les habitudes de consommation de l’enfant. De même, les bébés allaités goûtent à une grande variété de saveurs par l’entremise de l’alimentation de la mère, ce qui pourrait leur permettre d’être plus réceptifs aux aliments normalement rejetés plus tard, par exemple les légumes.

L’introduction d’aliments complémentaires (céréales, fruits, légumes ou viande) avant la 16e semaine de vie, associée à une courte durée d’allaitement (moins de 20 semaines), a été reliée à une prise de poids supérieure à la moyenne de la naissance à un an. Les études suggèrent que l’introduction tardive des aliments solides (après la 15e semaine au moins) peut avoir un effet bénéfique sur l’obésité infantile et réduire le risque de réactions allergiques. Un gain de poids rapide chez le nourrisson et le jeune enfant apparaît comme un facteur de risque d’obésité ultérieure.

Les parents ont un rôle majeur à jouer pour aider leurs enfants à adopter des habitudes alimentaires saines et un style de vie actif. Il n’est pas surprenant que les comportements alimentaires des parents soient associés à ceux de leurs enfants et à leur poids, car ces derniers imitent ce qu’ils observent. Les enfants préfèrent naturellement le sucré et le salé et n’ont pas besoin d’apprendre à aimer ces saveurs. Cependant, quand on leur donne la possibilité de goûter de façon répétée à de nouveaux aliments, comme les fruits et les légumes, les enfants apprennent à aimer les aliments qu’ils ont d’abord rejetés. Les études montrent que 5 à 16 expositions à un nouvel aliment peuvent être nécessaires avant qu’un enfant l’accepte.

Bien qu’il soit conseillé aux parents de limiter la consommation de collations malsaines chez leurs enfants et de les encourager à manger plus de fruits et de légumes, la restriction abusive ou les pressions visant à faire manger l’enfant peuvent en réalité avoir des effets négatifs sur sa consommation alimentaire et sur son poids en perturbant sa capacité à contrôler naturellement sa consommation. La pression parentale visant à amener les enfants à manger certains aliments peut diminuer les préférences de ces derniers pour ces aliments, tandis que la restriction excessive peut encourager une surconsommation des aliments qui en font l’objet quand ils sont facilement disponibles.

Enfin, les facteurs psychosociaux augmentant potentiellement le risque d’obésité chez l'enfant comprennent le faible statut socio-économique, le fait d’être un enfant unique et celui de vivre avec un seul parent.

 

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