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Immigration et acculturation, services de garde et éducation

Robert H. Bradley, Ph.D.

Arizona State University, États-Unis

Juin 2011

Introduction

Beaucoup d’immigrants doivent faire face à des décisions difficiles en ce qui concerne la manière de fournir des services de garde et d’éducation à leur progéniture dans leur pays d’accueil. Le fait de s’impliquer au service de garde et à l’école peut, à certains égards, aider à encourager l’acculturation des parents et des enfants. Un éducateur en services de garde ou un enseignant peut leur présenter les façons de faire du nouveau pays et les diriger vers des organismes et des réseaux sociaux potentiellement utiles. Cependant, les avantages apportés par cette nouvelle relation pourraient l’être au détriment du maintien du style ou des valeurs familiales répandues dans la culture d’origine. Par conséquent, il se peut que les enfants immigrants ne soient pas lancés sur une voie qui mène à la réussite scolaire, au bien-être personnel, à un emploi productif et au civisme.

Sujet

Comme les femmes sont plus nombreuses à intégrer le marché du travail partout dans le monde, le recours à des services de garde non parentale a augmenté dans la plupart des pays.1,2 Faire en sorte que les enfants reçoivent des services de garde adéquats peut s’avérer d’une importance capitale pour les familles arrivées récemment dans un nouveau pays, car cela leur permet de trouver et de garder un emploi au sein de collectivités dans lesquelles les immigrants sont généralement minoritaires et où ils peuvent avoir des occasions limitées de décrocher un bon emploi. Dans de telles circonstances, la réussite scolaire des enfants est également une grande priorité, comme elle permet aux enfants (et parfois à d’autres membres de leur famille) de nouer des liens avec la société d’accueil et d’obtenir les ressources nécessaires au bien-être à long terme.

Problèmes

Pour les immigrants, trouver des options de services de garde qui correspondent aux besoins familiaux et aux croyances sur les pratiques parentales qui se rattachent à ce qui est bon pour les enfants peut représenter un défi. Le fait de laisser la garde de jeunes enfants à d’autres personnes que les parents demeure hors norme dans de nombreuses sociétés. Les réseaux étendus de parents et d’amis sont le plus souvent sollicités lorsque les parents ont besoin d’aide pour s’occuper de leurs enfants. Pour de nombreux parents qui viennent d’immigrer, il est difficile de concevoir ce que signifie de laisser quelqu’un qui ne fait pas partie de la famille (ou d’autres personnes bien connues des parents) prendre soin de leur enfant. Les options de services de garde peuvent ne pas être bien comprises et les attentes des parents envers ceux qui ont la responsabilité de prendre soin de leurs enfants pourraient bien ne pas correspondre à ce qui est susceptible de se produire.3,4

La situation est la même pour les écoles. De nombreux immigrants arrivent dans des pays où les options et les politiques en ce qui a trait à l’école, de même que les attentes et les pratiques du personnel scolaire, varient grandement de celles de leur pays d’origine. Dans beaucoup de pays, il existe une mosaïque de politiques gouvernementales, du préscolaire à l’éducation supérieure, qui portent à confusion et avec lesquelles il est difficile de composer.5,6,7 Dans la plupart des pays, la transition scolaire est plus facile pour certaines populations d’immigrants et plus difficile pour d’autres.8,9 Ce défi s’explique en partie par les situations économiques et en partie par les différences culturelles sur le plan des objectifs à l’égard des enfants et à leur rôle dans la vie familiale.10,2 Des divergences considérables demeurent, même en ce qui concerne le degré auquel les différentes populations d’immigrants tirent parti des services préscolaires gratuits parrainés par le gouvernement.11,12

Contexte de la recherche

Étant donné que les enfants d’immigrants représentent une partie importante de la population scolaire et puisqu’en tant que groupe, les immigrants ont tendance à afficher des taux de natalité plus élevés que les citoyens de longue date dans de nombreux pays, il existe un intérêt considérable pour la recherche qui porte sur les facteurs liés au recours à la garde non parentale et à l’éducation de la petite enfance ainsi qu’à l’engagement et la réussite scolaire pour les enfants immigrants,12,13 de même qu’à leur participation une fois que l’enfant entre à l’école.14 Il existe un intérêt pour la recherche qui a des incidences politiques (en particulier dans une période de climats politique et économique en changement) et pour la recherche qui a des incidences sur la pratique (p. ex. : comment parvenir à mieux accorder les besoins et les inclinations des enfants et des familles immigrants avec les stratégies mises en œuvre pour encourager leur participation).6 Les études sur l’éducation de la petite enfance constituent une sorte de pont entre ces deux corps de recherche étant donné qu’elles portent souvent sur les questions d’éducation et de prestation de services de garde de base ainsi que sur les questions concernant l’enfant et la famille, en ce sens que, pour certains enfants immigrants, l’entrée au service de garde représente la première transition vers les institutions sociales du nouveau pays.15 Le cadre pour la recherche sur les services de garde et les écoles s’est élargi au cours des deux dernières décennies et s’est ainsi adapté aux réalités biologiques et culturelles.16

Questions clés pour la recherche

Il reste de nombreuses questions à aborder sur les services de garde et les écoles en ce qui concerne les familles immigrantes. En voici quelques-unes :

  • Quelles politiques les gouvernements municipal, provincial et fédéral devraient-ils mettre en œuvre pour améliorer l’accès à des services de garde non parentale abordables et de grande qualité pour les familles immigrantes, avant et après que l’enfant entre à l’école?
  • Comment les fournisseurs de services de garde peuvent-ils réussir à impliquer plus pleinement les parents immigrants pour que les besoins de l’enfant et de la famille soient comblés?
  • Existe-t-il des manières d’ajuster à un groupe mixte (immigrants et non-immigrants) les pratiques dans les milieux de services de garde et d’éducation afin de bien répondre aux besoins de tous les enfants?
  • Pendant les années du primaire, quelles pratiques (p. ex. : monolingue ou bilingue) favorisent le plus la participation et la réussite scolaires?
  • Pendant les années à l’école, quelles pratiques de socialisation et quelles caractéristiques du climat scolaire favorisent le bien-être et le dévouement à la participation scolaire et communautaire des enfants immigrants?
  • À quel point faudrait-il élargir la portée des interventions au-delà des paramètres cibles (p. ex. : fournisseurs de services de garde, écoles, famille, logement) pour répondre aux conditions et à la réceptivité communautaires afin d’atteindre les objectifs pour le compte des enfants immigrants?

Résultats de recherche récents

  • Les valeurs familiales, les préférences (notamment la nationalité des éducateurs en services de garde) et le niveau d’acculturation contribuent à définir les choix en matière de services de garde pour les familles immigrantes.3
  • Même en tenant compte d’autres données démographiques, les familles immigrantes ont moins tendance à avoir recours aux services de garde non parentale que les non-immigrants;17 quand ils y ont recours, le type de garde non parentale le plus répandu est la garde par la famille, les amis ou les voisins (garde non officielle à la maison de quelqu’un).18,19 Cela est particulièrement vrai quand les enfants sont des nourrissons et de très jeunes enfants, et en particulier lorsque les familles sont pauvres ou s’expriment dans une langue minoritaire.17,18,20
  • Bien que certains résultats laissent croire que les enfants immigrants de familles à faible revenu profitent d’une éducation à la petite enfance,11,21 les résultats sont moins convaincants chez les nouveaux immigrants et chez ceux qui participent à des programmes sans maîtriser la langue majoritaire parlée dans le milieu éducatif.22,23
  • L’échec de la pleine promotion de la réussite scolaire connu dans les écoles peut en partie être attribuable au fait que le personnel scolaire ne connaît pas bien les objectifs des familles immigrantes et le comportement de leurs enfants.24 Des résultats laissent croire que cette méconnaissance pourrait contribuer à une détresse à long terme chez les enfants immigrants.25
  • Les facteurs liés au voisinage semblent jouer un rôle, mais il n’est pas toujours facile de les isoler des facteurs relevant de l’organisation scolaire quand on tente de comprendre la réussite scolaire.26,27
  • La capacité de nouer des liens sociaux semble jouer un rôle dans le degré de succès des familles dans l’utilisation des ressources de la communauté et la collaboration avec les écoles.28
  • Des efforts ont été faits pour définir les milieux familiaux, communautaires et scolaires qui contribuent à la réussite scolaire et à une bonne adaptation.26,29,30,31,32,33,34

Lacunes de la recherche

  • On ne porte encore pas assez attention à l’étendue des facteurs écologiques impliqués dans la réussite scolaire et la participation communautaire des parents et des enfants immigrants, notamment les conditions communautaires et les tendances de réceptivité.35 Cela est combiné à un manque de rigueur dans les modèles d’échantillonnage et les stratégies de mesure.36
  • Il existe peu d’études longitudinales sur les interventions axées sur la communauté et l’école qui peuvent donner de bonnes estimations des répercussions liées aux résultats sur les plans de l’école, de la santé et des choix de vie.37
  • On ne porte encore pas assez attention à la plupart des groupes immigrants et aux différences en ce qui concerne l’origine ethnique ainsi que les niveaux d’acculturation et la compétence biculturelle.3
  • Trop peu d’études sont conçues pour avoir des incidences claires en matière de politiques ou de programmes.6
  • On ne porte pas encore assez attention à la manière dont les environnements des services de garde et des écoles peuvent faire la promotion de l’ensemble des compétences dont les enfants ont besoin pour faciliter leur « auto-productivité ».38

Conclusions

Les enfants d’immigrants représentent une part importante et croissante de la population de nombreux pays. La recherche a commencé à documenter les tensions créées pendant les processus d’immigration et d’acculturation, les tensions sur les plans de l’enfant et de la famille, les tensions au chapitre de la communauté et du gouvernement ainsi que les tensions en ce qui concerne les institutions, comme les services de garde et les écoles. Des résultats font état de réussites sur tous les plans en ce qui concerne le processus d’adaptation, mais certains font aussi état d’incertitudes et d’échecs. Comme c’est souvent le cas avec les processus d’adaptation complexes, la recherche est décalée par rapport aux changements qui s’opèrent dans le monde. La recherche ne peut pas offrir d’explications complètes ou précises pour la plupart des phénomènes observés. En effet, de nombreux phénomènes ne sont même pas définis de façon adéquate. La recherche ne peut pas non plus offrir le type d’information détaillée nécessaire pour contribuer aux politiques ou aux pratiques. Ainsi, les parents, les fournisseurs de services, les défenseurs et les politiciens qui doivent prendre des décisions attendent les conclusions d’une nouvelle génération de recherches guidées par des théories sur le comportement humain et le développement de l’enfant qui sont mieux intégrées.

Répercussions

Compte tenu de l’état actuel des connaissances, les conditions courantes auxquelles font face les enfants immigrants et leurs familles et les situations socio-politiques actuelles, le milieu de la recherche (y compris ceux qui financent la recherche) aurait intérêt à faire à la fois un pas en arrière et un pas en avant. Les chercheurs, en particulier, doivent prendre du recul, c’est-à-dire qu’ils doivent s’éloigner des cadres qui orientaient leur recherche au départ. Les premières incursions de la recherche trahissent trop souvent une compréhension limitée des questions en jeu et une idéologie étroite sur ce qui est important et la manière d’aborder un ensemble de problèmes. Il est nécessaire d’aller de l’avant en ce qui concerne l’utilisation de cadres plus inclusifs qui tentent d’intégrer les idées, les variables et les théories qui portent sur les processus de l’enfant, de la famille, de la communauté et des institutions et de mener des études qui s’étendent sur de plus longues périodes de temps. À cet égard, le milieu de la recherche (y compris ceux qui financent la recherche) aurait intérêt à considérer les deux aspects suivants :

  • Aspect pratique : les conclusions peuvent-elles mener à des politiques et à des pratiques utiles d’une manière assez directe?
  • Synergie ou recours au levier financier : série de variables ou de processus ayant des liens fonctionnels qui soutiennent le développement des enfants ou les pratiques des fournisseurs de services au-dessus d’effets additifs négligeables sur de courts intervalles de temps.

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Pour citer cet article :

Bradley RH. Immigration et acculturation, services de garde et éducation. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Bornstein MH, éd. thème. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/immigration/selon-experts/immigration-et-acculturation-services-de-garde-et-education. Publié : Juin 2011. Consulté le 14 octobre 2019.