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Culture et développement social

Kenneth H. Rubin, Ph.D., Melissa Menzer, B.A.

University of Maryland, États-Unis

Mai 2010

Introduction

La culture peut être définie comme étant la combinaison d’attitudes, de valeurs, de croyances et de comportements que partage un groupe de personnes, transmise d’une génération à l’autre.1 Comme la plupart des enfants dans le monde ne vivent pas dans des pays occidentalisés et que la culture influe sur le développement, les études interculturelles sur le développement des enfants nécessitent une attention toute particulière.

Sujet et problèmes

Ce texte porte principalement sur le rôle que joue la culture dans le développement social des enfants. Fait important, la forme que prennent les comportements peut paraître identique dans toutes les cultures. Cependant, comme les coutumes et les croyances varient selon les cultures, le même comportement peut être interprété différemment d’une culture à l’autre.2 Un comportement perçu, au sein d’une culture, comme étant adaptatif sera vraisemblablement encouragé par les proches, dont les parents et les pairs; en revanche, un comportement jugé inadapté sera découragé. Qui plus est, la culture peut déterminer et définir les moyens employés pour encourager ou décourager un comportement donné.

La plupart des études interculturelles sur le développement social des enfants sont centrées sur un cadre étique, dans lequel on assume que les construits mesurés sont pertinents dans toutes les cultures.3 À l’inverse, un cadre émique désigne les idées, les comportements et les valeurs spécifiques perçus comme étant significatifs par les membres d’une culture donnée. Dans la pratique, la perspective étique peut pousser les chercheurs à définir (et ainsi à analyser) les construits de la même manière (avec les mêmes méthodes et mesures) dans toutes les cultures. Cette approche peut donc amener les chercheurs à faire abstraction des définitions de construits donnés qui tiennent compte des caractéristiques culturelles. Ils peuvent, par exemple, présumer que la compétence sociale, en tant que construit, s’applique à toutes les cultures et qu’elle peut être mesurée en se servant d’évaluations conçues dans des laboratoires nord-américains, par exemple. Cette hypothèse étique peut être tout à fait valable, mais il faudrait de toute évidence l’analyser empiriquement. L’étude de la compétence sociale aurait probablement besoin, dans une certaine mesure, d’une conviction émique nécessitant une conceptualisation et une analyse propres à chaque culture. Certains aspects de la compétence peuvent être universels et d’autres non.

Contexte de la recherche

Outre la culture, d’autres construits importants doivent être pris en compte. Par exemple, les chercheurs s’intéressent essentiellement à deux phénomènes culturels : 1) les cultures indépendantes et individualistes, ou cultures occidentales, et 2) les cultures interdépendantes, collectivistes, ou cultures orientales et du sud (Amérique centrale et Amérique du Sud, par exemple). Les cultures occidentales sont souvent décrites comme étant celles où les membres apprécient l’affirmation de soi, l’expressivité et la compétitivité alors que les cultures orientales et du sud valorisent plutôt l’harmonie collective et la coopération. On s’accorde maintenant pour dire que la plupart des pays sont un subtil amalgame de ces deux construits, certains étant relativement plus individualistes et d’autres, relativement plus collectivistes. Dans le domaine de recherche dont il est question ici, on connaît très peu de choses sur les cultures du Sud (ou les différences entre les cultures du Sud et du Nord). C’est pourquoi cette analyse porte surtout sur les comparaisons entre les cultures occidentales et orientales.

Questions clés pour la recherche

  1. Qu’est-ce qui définit la compétence sociale dans les cultures occidentales, orientales, du nord et du sud?
  2. Comment les pairs réagissent-ils lorsque des enfants et des adolescents ne se conforment pas aux normes culturelles de la compétence sociale?
  3. Comment les caractéristiques individuelles, les interactions et les relations sociales, les groupes et la culture interagissent-ils pour influencer le développement social?

Récents résultats de recherche

Caractéristiques individuelles et interactions

Tempérament. Défini de façon générale, le tempérament est la base biologique de la personnalité.4 Les études effectuées sur les comportements sociaux circonspects, réticents et inhibés en lien avec le tempérament ont permis de constater que la prévalence de ce construit différait entre les enfants et les jeunes originaires d’Asie de l’Est (Chine et Corée du Sud, par exemple) et les enfants et les jeunes occidentaux (Europe de l’Ouest, Canada et États-Unis, par exemple); le premier groupe présentait un comportement plus prudent et plus inhibé que le second.5,6,7,8,9 Dans les cultures occidentales, qui valorisent l’indépendance et l’affirmation de soi, un comportement socialement inhibé et réticent passe pour de la timidité, de l’appréhension et de l’incompétence sociale; en Asie de l’Est où les cultures sont traditionnellement dominées par les philosophies confucéenne et taoïste, un comportement social circonspect et inhibé est synonyme de conformité, d’obéissance, de bonnes manières et donc de maturité sociale et d’accomplissement.10

Comportement prosocial. En règle générale, les comportements prosociaux (aider, partager, se soucier des autres, faire preuve de politesse) augmentent au cours de l’enfance, bien que leur développement et leur prévalence varient selon les cultures.11 Les chercheurs estiment, par exemple, que le comportement prosocial observé chez les pairs et dans les interactions parents-enfant est plus répandu chez les jeunes enfants de l'Asie de l'Est que chez les enfants occidentaux. Selon les chercheurs, cette différence est attribuable aux idéologies collectivistes qui prédominent dans les cultures d’Asie de l’Est. Pour étayer cet argument, les chercheurs ont constaté que les mères chinoises d’enfants d’âge préscolaire sont plus susceptibles que les mères européennes et américaines de penser que leurs enfants devraient partager et aider d’autres enfants par convention sociale (p. ex., pour s’intégrer au groupe et pour bien fonctionner au sein de la société chinoise).12

Coopération/compétition. Alors que la compétition peut détruire l’harmonie du groupe, la coopération est nécessaire au maintien des relations.13 Les enfants issus de communautés interdépendantes sont plus coopératifs et moins compétitifs que ceux provenant de cultures occidentalisées. La compétition et la coopération semblent toutefois coexister quelle que soit la culture. Ainsi, dans les pays d’Asie de l’Est, les enfants sont plus coopératifs avec leurs amis et les membres de la famille, mais plus compétitifs dans des cadres scolaires.14 Des différences générationnelles semblent aussi exister au sein des cultures. Par exemple, les Mexico-Américains de troisième génération sont plus compétitifs que leurs homologues de la génération antérieure.15

Agression. L’agression physique, verbale et relationnelle ont été définies comme étant des entités distinctes dans de nombreux pays et cultures.16,17,18,19,20 De manière générale, l’agression physique est jugée inacceptable par les parents et est associée au rejet par les pairs dans la plupart des pays.21,22,16,23,24,25,8,26 Selon les méta‑analyses effectuées, les cultures caractérisées par des valeurs collectivistes et confucéennes présentent en général des niveaux d’agression moins élevés envers les pairs, indépendamment de leur type, que les cultures occidentales.27

Retrait social. Les études effectuées montrent de plus en plus qu’un comportement craintif, circonspect, inhibé chez les tout-petits est annonciateur de réticence et d’anxiété sociales pendant la petite enfance.9 Même si, en Amérique du Nord et en Asie de l’Est, les tout-petits inhibés ont un risque accru de souffrir de réticence sociale à l’âge préscolaire, la prévalence de ce comportement est plus élevée chez les enfants orientaux que chez les enfants occidentaux.28 De même, les jeunes enfants occidentaux sont plus sociables (c.-à-d., aimables et extrovertis) que ceux d’Asie de l’Est.

Relations avec les pairs : amitiés

L’amitié désigne souvent une relation dyadique proche, mutuelle et volontaire. Le caractère volontaire de l’amitié signifie que les enfants peuvent initier, conserver ou délaisser une amitié qui répond à leurs attentes ou à leurs besoins. Cependant, la notion selon laquelle l’amitié est une relation volontaire librement choisie peut ne pas exister dans toutes les cultures.29 Dans certaines cultures, les enfants entretiennent rarement des amitiés non familiales. Par exemple, les enfants mayas du Yucatec qui vivent dans des communautés traditionnelles passent le plus clair de leur temps en compagnie de leur famille proche et élargie.30

D’un point de vue occidental, les chercheurs font valoir que l’amitié remplit différents rôles selon le stade de développement des enfants.31 Ainsi, chez les jeunes enfants, les amitiés servent à augmenter le plus possible l’excitation et l’amusement pendant le jeu et contribuent à structurer le comportement. On sait peu de choses cependant sur l’évolution des fonctions de l’amitié dans les cultures. De plus, les fonctions et la nature de l’amitié semblent varier selon les cultures. Dans celles où l’amitié est jugée être l’une des rares relations garantissant le succès en société, l’intimité et l’exclusivité devraient être considérées comme étant les aspects les plus importants d’une amitié.32 Dans cet ordre d’idées, les chercheurs ont constaté que l’intimité est plus importante dans les amitiés d’enfants en Corée et à Cuba qu’en Amérique du Nord.33,34

Quelle que soit la culture, les amis passent plus de temps ensemble qu’avec ceux qui ne sont pas leurs amis; il en résulte entre autres qu’ils se disputent plus souvent entre eux qu’avec des pairs qu’ils ne connaissent pas bien ou de simples connaissances.35 Si elles sont bien résolues, les disputes peuvent influer de façon positive sur le développement.36 Les disputes se règlent cependant différemment selon les cultures. Des chercheurs ont constaté que la négociation sert souvent à régler les disputes chez les enfants occidentaux alors qu’en Orient, on semble privilégier le désengagement.37

Dès un jeune âge, la plupart des enfants se lient d’amitié avec des pairs qui ont des caractéristiques observables semblables aux leurs, comme l’âge, le sexe, l’ethnicité et les types de comportement. Même les enfants d’âge préscolaire sont plus susceptibles de choisir des partenaires de jeu dont l’âge, le sexe, l’ethnicité et le comportement sont semblables aux leurs.38,39

Le groupe : acceptation et rejet par les pairs

Les jeunes enfants acceptés par le groupe sont généralement aptes à former et à conserver des relations positives et sont considérés par leurs pairs et leurs enseignants comme étant coopératifs, sociables et sensibles. Ces constatations se retrouvent dans toutes les cultures : les enfants sociables ont tendance à être acceptés quelle que soit la culture; en revanche, les chercheurs ont constaté que les enfants d’âge préscolaire qui sont immatures, socialement incompétents et agressifs sont rejetés par leurs pairs dans toutes les cultures.21,40,41,42,22,16,23,24,25,8,20,26

Dans les pays occidentalisés, le retrait social est lié au rejet par les pairs40,22,43,44, mais selon des études récentes, il l’est aussi chez les enfants en Inde et dans la Chine industrialisée.45,8 Ainsi, les corrélats de l’acceptation et du rejet par les pairs semblent être les mêmes dans toutes les cultures. Tant l’agressivité que le retrait sont associés au rejet alors que le comportement prosocial est lié à l’acceptation.

Lacunes de la recherche

Comme nous l’avons dit, la conviction selon laquelle une perspective étique est supérieure à une perspective émique pose un problème de taille dans les études interculturelles. À de nombreux égards, cette conviction peut provenir de la croyance corollaire voulant que des mesures créées en Occident puissent être « parachutées », de manière valide et fiable dans différents pays et cultures. Pour démonter cet argument, nous renvoyons à un concept de compétence sociale propre à la Chine : le ren, ou abstention. Le ren est un construit qui encourage l’harmonie dans le groupe. Lorsque les jeunes enfants chinois font appel au ren en réponse à l’animosité de pairs, ils se désengagent de ces derniers au lieu de se disputer avec eux.46 Cette stratégie est différente de l’évitement centré sur des problèmes, car il ne s’agit pas d’échapper à la situation sociale ou de l’éviter. Au contraire, le ren a pour objectif de susciter la retenue et la tolérance chez les pairs fréquentés. Il se peut fort bien que les chercheurs occidentaux fassent abstraction de la convention sociale qu’est le ren et, ainsi, qu’ils interprètent ou analysent mal le construit de la compétence sociale dans la culture chinoise. Par conséquent, ils auraient intérêt à examiner les cultures d’intérêt et à collaborer avec les membres de ces cultures en vue de conceptualiser et d’opérationnaliser la définition de la compétence sociale. En même temps, ils devraient voir comment le construit en question peut être défini selon les périodes de développement et comment il évolue à court et à long terme.

Il ne faut pas non plus oublier l’étude des sous-populations ethniques dans les sociétés multiculturelles. Par exemple, aux États-Unis, les populations américano-asiatiques et latino-américaines ne cessent de croître. Certains indices permettent de croire que les immigrants de ces pays possèdent les mêmes valeurs que leurs compatriotes d’origine.47,15 Pour certains jeunes cependant, il semble y avoir des effets générationnels et d’acculturation, les jeunes générations étant plus adaptées que les précédentes à la culture occidentale dominante. Les chercheurs feraient bien d’examiner les effets de l’acculturation dans les évaluations qu’ils font de la variabilité interculturelle ou interethnique.

Conclusion

En résumé, les chercheurs occidentaux qui s’intéressent aux études interculturelles sur le développement social des jeunes enfants (et sur le développement en général) auraient intérêt à incorporer dans leurs programmes de recherche le savoir-faire de collaborateurs d’autres cultures. Ce n’est qu’en conversant avec ces collaborateurs qu’ils parviendront à mieux comprendre les construits qui influent réellement sur la vie des enfants et de leurs pairs.

Implications pour les parents, les services et les politiques

Comme la majorité des habitants du monde ne résident pas dans des pays culturellement « occidentalisés », les travaux interculturels sur l’étude du développement social doivent comporter une note de prudence. D’après notre exemple de l’inhibition ou de la réticence sociale, on peut commencer à comprendre que les comportements peuvent prendre la même forme quelle que soit la culture, mais que leur fonction varie selon la culture. Dans chaque culture, les enfants sont modelés par le milieu physique et social dans lequel ils vivent, par les coutumes et les méthodes d’éducation que dicte le milieu culturel et par les systèmes de croyances de cette culture. Par conséquent, le « sens » psychologique attribué à un comportement social donné est en grande partie une fonction de la niche écologique dans laquelle il se forme. Somme toute, il serait bon que la communauté internationale des chercheurs spécialistes du développement de l’enfant n’attribue pas à d’autres cultures les théories du développement social normal et anormal qui découlent de leur propre culture.

Ces constatations sont tout aussi utiles en ce qui concerne la politique et la « traduction ». Les spécialistes, comme les psychologues, les travailleurs sociaux et les enseignants doivent comprendre que c’est la culture qui définit l’état normal. Les critères permettant des diagnostics psychiatriques et psychologiques doivent commencer à tenir compte des valeurs culturelles différentes. Si ces critères ne sont pas adaptés aux différences culturelles, de nombreuses difficultés pourraient surgir lorsqu’un enfant est obligé par ses parents immigrants de se comporter d’une manière X, alors que la manière X est considérée dans la communauté culturelle élargie comme inappropriée ou anormale. Ainsi, les décideurs politiques et spécialistes doivent comprendre l’importance des normes culturelles lorsqu’ils interprètent les significations du comportement social. De plus, savoir que la culture influe sur le développement social peut aider les communautés d’accueil à mettre au point des sources d’information (et peut-être d’intervention) pour les parents (et les enfants) dont les systèmes de croyances peuvent exposer les enfants au rejet, à l’exclusion, à la discrimination et à la victimisation par des membres de la communauté ou du pays d’accueil.

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Pour citer cet article :

Rubin KH, Menzer M. Culture et développement social. Dans: Tremblay RE, Boivin M, Peters RDeV, eds. Encyclopédie sur le développement des jeunes enfants [en ligne]. http://www.enfant-encyclopedie.com/culture/selon-experts/culture-et-developpement-social. Publié : Mai 2010. Consulté le 21 avril 2019.