Services à la petite enfance – Éducation et accueil des jeunes enfants


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 12 mai 2011

Éditeur au développement du thème : John Bennett, M.Ed., Ph.D., OECD, France
Thème subventionné par : Margaret & Wallace McCain Family Foundation

La société et les services à la petite enfance

Il y a plusieurs différences entre les pays en ce qui concerne l’organisation des services de garde et d’éducation à la petite enfance. Dans la plupart des pays de l’OCDE, l’éducation des enfants de 3-6 ans est une responsabilité partagée entre la famille et l’État et elle est souvent gratuite et entièrement subventionnée. La situation est plus variée en ce qui concerne les services à la petite enfance pour les enfants de moins de 3 ans : plusieurs gouvernements subventionnent généreusement ces services et supportent les parents pour que leurs enfants y aient accès, mais d’autres considèrent que la garde des enfants est d’abord une responsabilité parentale. Une approche de type laissez-faire envers les jeunes enfants et les familles, caractérisée par un faible support de l’État et la prédominance des contributions privées, peut produire des inégalités considérables sur le plan de l’accès aux services. Le recrutement d’éducatrices temporaires dans les services de garde peut aussi générer des déséquilibres entre les rôles joués par l’État, les familles et le marché dans le secteur de la garde des enfants, dans le Nord et dans le Sud. Les gouvernements qui considèrent que la garde et l’éducation des enfants sont une responsabilité publique intègrent de plus en plus leurs systèmes de garde et d’éducation et peuvent, en conséquence, assurer une meilleure réglementation, un accès plus équitable et des services de plus haute qualité à tous les enfants. 

Le discours actuel sur l’importance du choix offert aux parents doit faire l’objet d’une évaluation réaliste. Même si on assume que les parents sont libres de choisir les services qu’ils considèrent les plus appropriés pour leurs enfants, l’accès à des services de haute qualité est, en fait, souvent limité et inégal. Ceci est un défi particulier dans les systèmes dominés par les organismes privés à but lucratif. Les parents ayant de faibles revenus peuvent « choisir » seulement ce qui leur est accessible et doivent souvent se résigner à un choix restreint et à des services de pauvre qualité. En bref, alors que les services à la petite enfance devraient être considérés comme un élément central des politiques d’intégration, ces services contribuent en réalité, dans trop de pays, à creuser le fossé de l’éducation entre les pauvres et les riches. Ceci est particulièrement vrai pour les immigrants et les enfants de communautés ethniques, dont le choix de services est grandement limité par des contraintes environnementales et économiques.

La démocratie devrait être le principe fondamental guidant l’élaboration et l’offre des services à la petite enfance, non seulement au niveau local, avec une prise de décision concertée, mais aussi aux niveaux communautaire et politique, où l’éducation à la petite enfance doit être une question de débat public et de responsabilité collective. Dans une démocratie, les individus ne font pas qu’exprimer leurs préférences personnelles; ils font aussi des choix publics et collectifs reliés au bien commun de leur société.

L’impact des services à la petite enfance sur le développement de l’enfant

Les services à la petite enfance ont été associés à des conséquences à la fois positives et négatives sur le développement de l’enfant. Malgré des premiers résultats contradictoires quant aux effets de ces services sur le développement cognitif et linguistique, la recherche plus récente documente systématiquement les effets positifs durables des services de haute qualité. Beaucoup de résultats de recherche montrent qu’une éducation précoce de haute qualité constitue un fondement solide de la préparation à l’école et du succès scolaire. Toutefois, les biais de sélection constituent une limite potentielle à la plupart de ces recherches, car ils peuvent faire en sorte que l’on confonde des variations dans les caractéristiques de l’enfant et de la famille avec des variations dans les services de garde. Les expériences d’apprentissage dans les services à la petite enfance peuvent aussi aider les enfants à développer des valeurs démocratiques de même que des habiletés sociales. Un lien étroit avec un éducateur du centre est aussi un indice de la qualité des relations interpersonnelles ultérieures. La fréquentation d’un milieu où les soins sont adéquats est particulièrement souhaitable pour les enfants qui reçoivent des soins insensibles à la maison, car elle constitue un facteur de protection contre le développement de problèmes comportementaux. Un tel milieu offre aussi des opportunités d’améliorer le développement cognitif et langagier. Par contre, lorsqu’ils sont combinés à des stresseurs sociaux et économiques à la maison, des services à la petite enfance inadéquats (services de faible qualité, durée de fréquentation excessive et instabilité) forment une double menace à la sécurité de l’attachement des enfants. Par ailleurs, il est souvent difficile de tirer des inférences causales quant au lien entre les services à la petite enfance et des conséquences développementales variées, à cause de facteurs confusionnels impossibles à départager comme des problèmes de stabilité dans la dispensation des soins et les caractéristiques des enfants et de leur famille. L’effet des services à la petite enfance est susceptible de varier (Barnett), non seulement en fonction de ces caractéristiques, mais aussi en fonction des traits personnels de l’enfant et des idéologies qui supportent les services à l’enfance dans chaque contexte culturel spécifique.

 

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