Prévention de la maltraitance chez les enfants (abus/négligence)


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 19 décembre 2008

Éditeur au développement du thème : Harriet MacMillan, M.D., McMaster University, Canada

En règle générale, la maltraitance envers les enfants regroupe quatre grandes catégories : la violence physique, l’abus sexuel, la violence psychologique (y compris l’exposition à la violence familiale) et la négligence.

Dans certains cas, les effets de la maltraitance sont observables immédiatement. De 7 à 30 % des bébés victimes du syndrome du bébé secoué (SBS) en meurent, et de 30 à 50 % d’entre eux ont des déficiences cognitives ou neurologiques importantes, comme des perturbations comportementales, un retard développemental, et des déficiences motrices et visuelles.

Cependant, l’impact de la maltraitance n’est pas toujours aussi évident. L’adversité ou un traumatisme durant la petite enfance peuvent conduire à une série de problèmes comprenant la dépression, l’agressivité, l’abus de substances toxiques, les problèmes de santé et la tristesse générale, et ce, plusieurs années après la fin de la maltraitance. À l’âge adulte, les victimes de la maltraitance ont des taux élevés d’anxiété et de trouble de stress post-traumatique, et ils sont plus susceptibles d’adopter des comportements criminels. La maltraitance pendant la petite enfance peut conduire à un attachement insécurisant envers les donneurs de soin se poursuivant dans les relations futures.

Les enfants témoins de violence familiale risquent de souffrir de problèmes psychologiques, affectifs, comportementaux, sociaux et scolaires. Ils manifestent des problèmes similaires à ceux des enfants victimes de violence physique. Les enfants de familles violentes sont soumis à des formes inadaptées de communication et de comportement affectifs et sont exposés à de mauvais modèles d’autorégulation adaptative.

Les mécanismes précis qui relient l’expérience de la maltraitance au développement de tels problèmes sont pour la plupart inconnus. Les enfants pourront être plus sensibles à certaines émotions (par exemple, la colère) par rapport à d’autres émotions importantes pour leur comportement social, ou encore un niveau élevé de stress sera susceptible d’influencer le processus leur permettant d’apprendre à réguler leurs émotions.

La recherche sur les effets de la maltraitance est confrontée à un certain nombre de défis. Les chercheurs ne s’accordent pas sur la meilleure façon de définir et de mesurer la maltraitance. Il est également difficile de faire la distinction entre les effets des différentes formes de maltraitance (souvent vécues par les mêmes enfants), et entre les effets de la maltraitance et les effets de la pauvreté ou d’autres facteurs environnementaux négatifs et les évènements de la vie. La prédisposition génétique peut aider à expliquer pourquoi certains enfants sont plus résistants que d’autres à la maltraitance.


* Ce thème est développé en collaboration avec le Centre d’excellence pour la protection des enfants.


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