Maltraitance des enfants


Que savons-nous ?

Synthèse des textes d'experts - Février 2012

Éditeur au développement du thème : Harriet MacMillan, M.D., McMaster University, Canada
Thème subventionné par : The Lawson Foundation 

Les enfants maltraités risquent de développer une multitude de problèmes de santé, notamment des retards de croissance et de développement et des problèmes physiques et psychologiques chroniques qui se prolongent pendant la vie adulte. L’abus de substance et la criminalité à l’adolescence et à l’âge adulte sont aussi fréquemment observés chez ces individus. Les effets de la maltraitance et des facteurs de risque qui y sont associés varient selon le type de maltraitance.  

La violence physique
Les conséquences les plus directes de la violence physique sont les blessures, les plus sérieuses impliquant des traumatismes crâniens et des dommages aux organes internes. Les contusions cutanées visibles sont les blessures les plus communes. La pauvreté, la monoparentalité, le jeune âge de la mère, la violence domestique et les problèmes de santé mentale sont tous considérés comme des facteurs de risque environnementaux de cette forme de violence. Bien que la violence physique soit plus fréquente chez les enfants plus âgés, les décès causés par ce type de violence sont beaucoup plus élevés chez les nourrissons et les enfants âgés de 3 ans et moins. Le taux de décès est plus élevé chez les enfants qui résident avec un adulte qui ne leur est pas apparenté, mais, en général, ils ont décru régulièrement au cours des trois dernières décennies.  

L’agression sexuelle d’enfants (ASE)
Bien que les symptômes cliniques de l’AS ne soient pas apparents chez le tiers des victimes au moment où l’abus est rapporté, les victimes d’AS risquent de développer des problèmes de santé mentale, dont le trouble de stress post-traumatique, la dépression, l’abus de substance et les symptômes dissociatifs (impression de déconnexion entre l’expérience consciente et l’environnement, le corps ou les émotions). Les relations sexuelles à risque, non-protégées, sont aussi communes chez les victimes. À l’âge adulte, les victimes d’AS continuent souvent à souffrir de problèmes de santé mentale, sont plus enclines à s’engager dans des relations violentes, et, dans le cas des femmes, sont 2 à 3 fois plus susceptibles d’être agressées sexuellement. Les filles risquent deux fois plus que les garçons de subir une AS, mais ceci pourrait être expliqué par la réticence des garçons à dénoncer l’abus. L’AS se produit plus souvent chez les adolescents âgés entre 12 et 17 ans, bien que les filles tendent à être agressées plus jeunes et pendant de plus longues périodes que les garçons. Le soutien du parent qui n’est pas l’abuseur et l’absence d’histoire d’agressions antérieures ont été identifiés comme des facteurs de protection pouvant aider les enfants à faire face à cette forme de violence.  

Négligence
Contrairement à la violence, la négligence est typiquement commise involontairement et résulte souvent de problèmes qui entravent la capacité du parent à satisfaire les besoins de l’enfant. Cependant, les conséquences négatives de la négligence peuvent être aussi néfastes que celles de la violence, particulièrement lorsque la négligence est sévère, chronique et qu’elle survient tôt dans la vie. Les enfants négligés risquent de développer des problèmes de santé physique et mentale. Chez les enfants d’âge préscolaire et scolaire, le retrait social, les relations négatives avec les pairs, les difficultés académiques et la dépression sont plus communs chez les enfants négligés que chez les enfants victimes de violence. Les adultes qui ont été négligés pendant leur enfance présentent un risque de s’engager dans des relations violentes similaire à celui des adultes qui ont été abusés physiquement pendant leur enfance.

La violence psychologique 
Cette forme de maltraitance est difficile à identifier et à documenter car ses impacts sont moins visibles. Les enfants victimes de violence psychologique peuvent connaître un stress chronique qui mène à des problèmes physiques et/ou émotifs comme des comportements à risque (par ex., l’abus d’alcool) et des troubles psychiatriques précoces et persistants.

Exposition à la violence conjugale (VC) 
Même lorsque l’exposition à la VC ne mène pas à une inadaptation cliniquement significative, elle peut causer des petites distorsions (par ex., des attitudes favorables à l’égard de la violence) qui prédisposent les enfants à connaître ultérieurement des problèmes plus sévères (par ex., croire qu’ils sont responsables de la violence conjugale ou devenir eux-mêmes violents). Comparativement aux enfants vivant dans des foyers non-violents, ceux qui sont exposés à la VC sont plus agressifs et anxieux et ils rencontrent plus de difficultés avec leurs pairs et à l’école. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus susceptibles d’être exposés à la VC car la violence domestique est plus commune chez les couples ayant des enfants de ce groupe d’âge. Malheureusement, ces enfants sont particulièrement vulnérables aux effets néfastes de la VC à cause de leurs capacités d’adaptation peu développées et de leur compréhension limitée des conflits. 

 

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