Divorce et séparation


Que savons-nous?

Synthèse des textes d'experts - Publié en ligne le 6 décembre 2011

Éditeur au développement du thème : Robert E. Emery, Ph.D., University of Virginia, États-Unis
Thème subventionné par : The Lawson Foundation

L’expérience de la séparation ou du divorce par les enfants
Le divorce et la séparation font souvent vivre des émotions intenses aux enfants. Plusieurs d’entre eux ont des idées fausses du divorce et se sentent en conflit de loyauté, bien que peu discutent de leurs pensées et de leurs émotions avec leurs parents. Les enfants de parents divorcés peuvent éprouver plus de difficultés que les enfants dont la famille est intacte. En effet, le divorce a été associé, à court terme, à un déclin du rendement scolaire et du concept de soi et à des problèmes d’adaptation globaux. Bien que la plupart des enfants de parents divorcés ne souffrent pas de conséquences à long terme, certains enfants peuvent éprouver des difficultés telles que des problèmes de santé mentale, un abus de substance, des conduites délinquantes et une grossesse précoce à l’adolescence. Les difficultés peuvent même persister jusqu’à l’âge adulte, ces jeunes ayant tendance à présenter plus de problèmes financiers, émotionnels, relationnels et de santé.

L’âge auquel les enfants vivent le divorce de leurs parents est le facteur primordial à considérer pour répondre adéquatement à leurs besoins. Au cours des premières années de la vie, les jeunes enfants fonctionnent de façon optimale lorsque leurs parents sont fiables, attentionnés et sensibles à leurs caractéristiques personnelles. Leur sens du temps et leur mémoire n’étant pas encore matures, les bébés doivent fréquemment passer du temps avec leurs deux parents pour développer un lien d’attachement fort avec chacun d’eux.  Alors que les enfants vieillissent, la quantité absolue de temps passé avec chaque parent devient moins cruciale, mais chacun doit continuer à être activement impliqué dans l’éducation, la discipline, le jeu et les soins de l’enfant. 

Les effets des nuits passées chez le parent qui ne réside pas avec l’enfant fluctuent également selon l’âge de l’enfant. Comparativement aux bébés qui passent très peu de nuits à l’extérieur de leur domicile habituel, les enfants de moins de deux ans qui dorment régulièrement chez le parent ne résidant pas avec eux présentent plus de problèmes de régulation du stress, alors que les enfants de deux et trois ans dans la même situation manifestent plus d’anxiété de séparation, d’agressivité et de problèmes d’alimentation que leurs pairs qui passent moins de nuits à l’extérieur de leur domicile habituel. Au cours des années préscolaires, à l’âge de 4 et 5 ans, les enfants qui passent des nuits chez le parent ne résidant pas avec eux partagent une relation plus positive avec lui et sont mieux adaptés que les enfants qui ne le font pas.

Facteurs de risque et de protection impliqués dans les conséquences du divorce 
Plusieurs facteurs de risque, la plupart impliquant la qualité des pratiques parentales, peuvent aggraver l’impact négatif du divorce sur le développement de l’enfant. Les premières étapes du divorce constituent une période stressante pour les parents et elles affectent donc souvent la qualité de leurs pratiques parentales. Les parents sont typiquement moins patients, cohérents et chaleureux avec leurs enfants au cours de cette période. La surveillance des enfants, les échanges positifs avec eux et la discipline efficace sont aussi susceptibles de diminuer. On a également montré que d’autres facteurs, tels que la pauvreté, une structure familiale désorganisée, le manque de contacts avec le parent qui ne réside pas avec l’enfant et les problèmes de santé mentale des parents exacerbent les effets adverses du divorce. De plus, l’exposition à un conflit parental intense est susceptible d’affecter les enfants de tous les âges, mais est particulièrement néfaste pour ceux de moins de 4 ans.

Heureusement, les effets nocifs du divorce peuvent être atténués par un certain nombre de facteurs de protection. Par exemple, les enfants de parents qui coopèrent, emploient un style de parentage démocratique, minimisent l’exposition et l’implication des enfants dans les conflits et créent un environnement familial stable et organisé sont bien mieux équipés pour faire face à la séparation. Des liens étroits avec la fratrie et les membres de la famille élargie favorisent aussi une meilleure adaptation.

 

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